Question de corpus

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  • Publié le : 20 mai 2011
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Question de corpus
Les Mots de Sartre
L'Enfant de Jules Valès
Confessions de Rousseau
Madame de Bovary de Flaubert

Le XV° siècle fut porté par des découvertes qui changèrent la vision des Hommes sur le Monde extérieur. L'imprimerie, modernisée par Gutenberg, fit parie de ces inventions, permettant ainsi une révolution culturelle : ce fut l'essor de la production des ouvrages dansl'Europe entière. Le livre devint alors un objet public dans les villes, ce qui rendit le savoir et le partage des idées plus accessibles. L'imprimerie a ainsi considérablement aidé les Humanistes à mettre en valeur leur idéaux, et à les défendre. C'est à ce mouvement que se rattache Jean Guéhenno, critique et écrivain, qui définit le livre comme « un outil de liberté ». Il insiste donc sur le rôle quepeut tenir un livre. Le mot « outil » peut définir un instrument, qui donne lieu à l'accomplissement d'une tâche. L'appellation « liberté » caractérise l'évasion, ainsi que l'indépendance et l'absence de contraintes. Mais la lecture peut apporter différentes formes de liberté. C'est pourquoi nous nous demanderons en quoi un livre peut être un instrument de liberté, mais aussi d'oppression, commeen témoignent ces textes dont trois sont autobiographiques. Tout d'abord, nous monterons les pouvoirs émancipateurs et libérateurs de la lecture. Puis nous approfondirons les conséquences aliénantes ou emprisonnantes de certaines lectures.

En premier lieu, la lecture peut permettre au lecteur de se créer un monde imaginaire, ce qui donne lieu à une évasion. Dans les Mots de Sartre, le romanest présenté comme une ouverture à l'imaginaire. La métaphore qui décrit le livre comme le théâtre, est une entrée dans le monde fictif, la matérialisation du livre permet au narrateur de s'ouvrir vers un autre monde, où l'illusion domine. De plus, la désignation « boîtes magiques » évoque un caractère féerique, présent dans les romans, soulignant ainsi l'importance de l'objet, puisque le narrateuravoue que son approche aux livres est dû à ses « premières rencontres avec la beauté », et non au belles phrases des auteurs. Le jeune homme a conscience que lecture et réalité sont deux choses distinctes. Dans ce texte, la rupture se signale par les termes « oubliais, abolition, naissait ». On peut dire qu'il s'agit d'une naissance à un autre monde. Le dépaysement est symbolisé par l'élévationdu lecteur à « cinquante centimètres du plancher ». Il s'est donc évader dans un autre monde.
Tandis que dans l'Enfant, l'auteur et narrateur décrit sa fuite dans un monde illusoire, où il ne fait pas la différence entre réel et fiction. En effet, pour oublier la méchanceté et l'injustice du surveillant qui l'a puni, l'enfant va s'abandonner dans lecture. L'ellipse qui survient après l'annoncedu titre traduit l'effacement du moment présent dans la salle d'étude; le narrateur s'est plongé dans le livre, et ne s'est pas rendu compte du temps qui passe, « j'ai le cou brisé, la nuque me fait mal […], la faim me vient; j'ai très faim ». Puis, d'un coup il se rend compte de la situation « je m'en aperçois tout d'un coup. […] quelle heure est-il ? ». La lecture lui a donc permis d'oublier letemps qui passe, d'éviter de s'ennuyer et de se libérer moralement ainsi que physiquement de sa punition.
Pour finir, les livres permettent aussi d'échapper à la réalité, comme le fait Rousseau dans Confessions : les livres sont les seuls objets que lui a laissé sa mère, leur lecture l'aide à fuir cette réalité, il se noie complètement dans l'univers de la lecture. Il « pass[e] des nuits àcette occupation », avec son père qui semble lui aussi redevenir enfant. Il y a ici une métamorphose dû aux livres, le père préfère redevenir enfant, plutôt que d'affronter sa situation de père seul.

De ce fait, certaines lectures peuvent devenir aliénantes, en amenant par exemple une confusion entre le réel et la fiction. Dans Madame de Bovary, de Flaubert, on observe un clivage entre le...
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