Question sur corpus eaf 2009

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  • Publié le : 19 avril 2010
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Ce corpus qui a pour objet d’étude le théâtre est composé de quatre extraits de pièces. Le premier texte correspond à la scène de la comédie, La Critique de l’Ecole des Femmes, écrite par Molière et créé en 1663. Le second extrait écrit en 1897 est une comédie dramatique d’Edmond de Rostand intitulé Cyrano de Bergerac. Le troisième texte est un extrait de la pièce, Un Soulier de Satin de PaulClaudel paru en 1929. Enfin, le dernier extrait est tiré de la tragédie de Jean Anouilh, Antigone représentée pour la première fois en 1944.
Nous montrerons quelles attitudes de spectateurs sont proposées dans les différents textes composant ce corpus.

Les quatre extraits de ce corpus montrent différentes attitudes adoptées ou à adopter par les spectateurs selon les époques et leursituation sociale.
Au 17ème siècle, le théâtre est à la fois un lieu de divertissement qui permettait de découvrir (et d’apprécier) les pièces d’auteurs célèbres de l’époque tels que Molière ou encore de Corneille. Mais il était avant tout, particulièrement pour les nobles, un lieu où il fallait se montrer, voir ses amis, discuter des derniers ragots en oubliant parfois d’écouter la pièce maisayant toujours un avis, qui se révélait mauvais. Cette attitude se retrouve à la fois dans la pièce de Molière mais également dans celle d’Edmond Rostand, pourtant écrite plus de 200 ans plus tard mais dont l’action se déroule en « en 1640 ».
Le Marquis de La Critique de l’Ecole des Femmes trouve la pièce « détestable, parce qu’elle est détestable » mais précise qu’il n’a pas écouté la pièce :« je ne me suis pas seulement donné la peine de l’écouter » ; cependant, sachant que son voisin, Dorilas, a trouvé la pièce également détestable, il est du même avis, n’ayant finalement aucun jugement personnelle et réaliste sur cette pièce : « et Dorilas, contre qui j’étais, a été de mon avis ».
Dans Cyrano de Bergerac, le dramaturge met en scène l’attente des spectateurs avant une représentation: la scène est alors ici, le miroir de la société et de son attitude au théâtre au 17ème siècle. On y découvre une salle bruyante, plus intéressée à savoir si le Cardinal est dans la salle : « -Il paraît ?... […] Le Cardinal ? », plutôt que d’attendre « patiemment ». Ce comportement qui à première vue devrait être adopté uniquement par le parterre, est également adopté par les nobles. Le Marquisde la pièce de Molière est ici joué par deux marquis dérangeant l’ensemble de la salle pour avoir une chaise : « Une chaise ! » alors que le rideau est sur le point de se lever. De surcroît, la pièce débutant, les marquis, installés sur scène comme c’était le cas à cette époque, continue à discuter de leur pari sans soucier intégralement de la représentation « - Cyrano n’est pas là. – J’ai perdumon pari. ». On peut aussi imaginer avec le paratexte, que Raguneau ayant finalement gagné son pari, va continuer d’en parler à son compère. Ces deux pièces montre que la classe étant à priori la plus « noble » est irrespectueuse, peu réceptive et intéressé par le théâtre ; contrairement au parterre, qui la plupart du temps apprécie à sa juste valeur l’art théâtral en applaudissant quant il lefaut ou en demandant le silence, après l’intervention d’un marquis : « -Silence ! ».
Le texte de Molière et celui de Claudel ont un point commun intéressant : Molière en critiquant le snobisme et le pédantisme des nobles, préférant par exemple ne pas rire à une comédie si le parterre fait de même , donne un conseil essentiel pour apprécier le théâtre à travers les mots de Dorante : « il y ena plusieurs qui sont capables de juger d’une pièce selon les règles, et que les autres en jugeant par la bonne façon d’en juger, qui est de se laisser prendre aux choses, et de n’avoir ni prévention aveugle, ni complaisance, ni délicatesse ridicule. ». Il conseille alors l’attitude idéale à adopter aux néophytes mais également à ceux qui oublient que « le bon sens n’a point de place à la...
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