Questions contemporaines propositions de sujets pour le concours commun des six iep de sciences po

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  • Publié le : 24 janvier 2010
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Sujet n°1

PEUT-ON GOUVERNER L’ENVIRONNEMENT ?

Sujet n°2

AFFIRMER LES IDENTITES, EST-CE NECESSAIREMENT AFFIRMER LES DIFFERENCES ?

Sujet n°3

LA PRISE DE CONSCIENCE DES CONTRAINTES ENVIRONNEMENTALES FAVORISE-T-ELLE LE REPLI IDENTITAIRE ?

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Sujet n°1

PEUT-ON GOUVERNER L’ENVIRONNEMENT ?

On peut esquisserquelques pistes de réflexion.
L’humanité n’est pas un fait de simple nature, l’homme naît et se développe dans un milieu de culture, dans une civilisation. Après avoir imposé sur le monde l’empreinte de ses besoins, l’émerveillement de la raison devant l’extension de sa puissance s’est transformé aujourd’hui en doute, sentiment de vulnérabilité et d’échec engendrant une culpabilisation. Ayant prisainsi douloureusement conscience du danger qu’il représentait pour lui-même, il ne peut manquer de s’interroger sur la finalité de ses actions ainsi que sur la nécessité d’en changer les modalités, au moment où comme le pressentait Michel Foucault « l’espace entre comme enjeu dans ses propres stratégies politiques ». Dès lors la question de la possibilité mais aussi de la capacité à gouvernerl’environnement se pose avec acuité. Mais de quel type d’autorité faut-il user pour gouverner l’environnement ? La notion de gouvernement implique une instance décisionnelle de type impératif pouvant assumer la responsabilité pour l’avenir de la crise environnementale par une réflexion sur la gestion rationnelle des ressources. Dès lors la question devient : est-il légitime de vouloir gouvernerl’environnement ?
On comprend d’emblée qu’il s’agira moins de maîtriser et de dominer que de régir, d’administrer et de réguler les conflits et les difficultés issus du conflit interne de l’homme en tant qu’être de la nature et être social pris dans une dynamique de développement. On peut constater face aux avancées de la technoscience que la vie, pour la première fois depuis son surgissement ne peutpeut-être pas assumer par elle-même sa propre préservation et le maintien de ses formes. L’homme par conséquent ne peut rester spectateur du désastre qu’il a lui-même causé et se trouve investi d’un devoir de protection et de sauvegarde de l’environnement pour la continuité et la liberté de la vie. Mais comment créer les conditions d’un gouvernement possible de l’environnement ?
Or pour gouverner, «il faut s’occuper de l’avenir non en aveugle mais en gardant les yeux ouverts » préconisait Hans Jonas. Il faut développer la compréhension des causes et prévoir les conséquences de leurs effets, d’où le paradoxe suivant : pour pouvoir agir sur le cours de la nature et sur les problèmes environnementaux qui en découlent il faut pouvoir développer encore le savoir scientifique et les avancéestechnologiques qui restent les seuls moyens d’agir véritablement sur le cours des choses ; on a l’impression de s’enfermer dans la quadrature du cercle. Mais si gouverner c’est aussi prévoir, ce savoir prévisionnel peut faire coïncider le bien environnemental avec notre propre bien et donc avec le bien de l’espèce. Mais comment passer d’un savoir prévisionnel nécessairement hypothétique au champ del’agir ? Il s’agit donc de constituer une volonté commune qui doit devenir une volonté active, qui n’a de sens et d’efficacité que si elle s’élève aux dimensions de la planète elle-même. Désormais une interdépendance géographique, écologique, économique et générationnelle s’avère nécessaire. Cette coopération internationale est requise pour maintenir et entretenir le capital dont nous pouvons encoredisposer, puisqu’on a commencé à comprendre que les ressources naturelles ne sont pas inépuisables mais qu’elles représentent un bien précieux à protéger et à sauvegarder, en imposant des limites strictes. Les états, en effet sont obligés de se sentir comptables de ce qui arrivera demain. Cette prise de conscience d’une nécessaire solidarité nouvelle entre les états qui peut paraître...
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