Questions de corpus

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  • Publié le : 29 septembre 2009
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Dans cette question, il s'agissait d'étudier les 3 incipits (débuts de récit) et le texte de Kundera ; et de montrer en quoi l'introduction des personnages cherchaient à donner l'illusion du réel.

La réponse est OUI OUI OUI mais encore fallait-il argumenter un peu...

Dans le texte d'A. Robbe-Grillet, le personnage, le "patron" est présenté dans son café. On entend le tic-tac de l'horloge,comme si la scène se déroulait sous nos yeux : "Trente et un. Trente-deux. Trente-trois. Trente-quatre. Trente-cinq. Trente-six. Trente-sept." Le personnage est décrit tel qu'on se le représente usuellement, dans un cadre qui correspond à son statut, ce qui renforce l'impression de réel. Il n'y a pas d'action, le lecteur est installé dans la vie.

Le narrateur de La Vie de Marianne prévient sonlecteur que le récit qu'il va lire a été découvert par hasard "dans une armoire pratiquée dans l'enfoncement d'un mur" : cette forme de récit dans le récit, cette mise en abîme, crée une forte impression de réalisme. Mise en abîme également dans L'Immortalité : le paratexte du texte de Kundera indique que "le narrateur écrit un roman". Le lecteur pénètre ici dans le laboratoire de l'écrivain, quiexplique d'où il tire son inspiration. Même procédé enfin utilisé par P. Claudel dans Les Ames grises : le narrateur prend à parti le lecteur dès les premières lignes du récit en assurant de la fiabilité et de la véracité des faits qu'il va conter "Je sais [les faits que je vais raconter] parce qu'ils me sont familiers comme le soir qui tombe et le jour qui se lève". Le personnage "Pierre-AngeDestinat" est présenté sur le mode d'une biographie (mention de son statut, de son surnom, insertion de dates) ce qui donne l'illusion que la personne décrite a vraiment existé.

Alors c'est réussi ou pas ??? [pic]

Les textes :

TEXTE A - Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, La Vie de Marianne.
[Nous sommes au début du roman.]

Avant que de donner cette histoire au public, il faut luiapprendre comment je l'ai trouvée.
Il y a six mois que j'achetai une maison de campagne à quelques lieues de Rennes, qui, depuis trente ans, a passé successivement entre les mains de cinq ou six personnes. J'ai voulu faire changer quelque chose à la disposition du premier appartement, et dans une armoire pratiquée dans l'enfoncement d'un mur, on y a trouvé un manuscrit en plusieurs cahiers contenantl'histoire qu'on va lire, et le tout d'une écriture de femme. On me l'apporta ; je le lus avec deux de mes amis qui étaient chez moi, et qui depuis ce jour-là n'ont cessé de me dire qu'il fallait le faire imprimer : je le veux bien, d'autant plus que cette histoire n'intéresse1 personne. Nous voyons par la date que nous avons trouvée à la fin du manuscrit, qu'il y a quarante ans qu'il est écrit ;nous avons changé le nom de deux personnes dont il y est parlé, et qui sont mortes. Ce qui y est dit d'elles est pourtant très indifférent ; mais n'importe : il est toujours mieux de supprimer leurs noms.
Voilà tout ce que j'avais à dire : ce petit préambule m'a paru nécessaire, et je l'ai fait du mieux que j'ai pu, car je ne suis point auteur, et jamais on n'imprimera de moi que cette vingtainede lignes-ci.
Passons maintenant à l'histoire. C'est une femme qui raconte sa vie ; nous ne savons qui elle était. C'est la Vie de Marianne ; c'est ainsi qu'elle se nomme elle-même au commencement de son histoire ; elle prend ensuite le titre de comtesse ; elle parle à une de ses amies dont le nom est en blanc, et puis c'est tout.
Quand je2 vous ai fait le récit de quelques accidents de ma vie,je ne m'attendais pas, ma chère amie, que vous me prieriez de vous la donner toute entière, et d'en faire un livre à imprimer. Il est vrai que l'histoire en est particulière, mais je la gâterai, si je l'écris ; car où voulez-vous que je prenne un style ?
II est vrai que dans le monde on m'a trouvé de l'esprit ; mais, ma chère, je crois que cet esprit-là n'est bon qu'à être dit, et qu'il ne...
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