Qui de l'oeuf ou de la poule ?

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  • Publié le : 17 juillet 2010
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Qui de l’œuf ou de la poule ?

Vénérable Maître,

Cette planche symbolique a pour origine un dîner-débat sur le compagnonnage qui avait pour orateur un professeur agrégé d’histoire, chercheur associé au CNRS et écrivain de nombreux livres sur ce thème. Cet homme c’est François ICHER.

Son propos commence, presque toujours, par une mise en garde sur le risque qu’il y a de confondre lecompagnonnage avec la Franc-maçonnerie. Par ailleurs, de nombreux éléments évoqués lors de sa conférence, nous ramènent, néanmoins, à la symbolique maçonnique.

La construction du Temple de Salomon est une référence commune à nos deux sociétés. Pour le compagnonnage, la construction du Temple de Jérusalem préside à l’apparition d’une communauté de métiers artisanaux qui, à l’occasion de cetteréalisation, crée des modalités de transmission des savoirs techniques lors de cérémonies codifiées. Le roi Salomon aurait, à cette occasion, réunis les ouvriers pour leur donner un « devoir » c’est à dire une doctrine et les auraient ainsi, unis fraternellement.

Outre le Roi Salomon, apparaissent deux personnages mythiques, Maître Jacques, tailleur de pierre et le Père Soubise collègue et ami de MaîtreJacques. Le compagnonnage ne peut se décrire au singulier et dans le temps, certains se revendiqueront comme disciple du Roi Salomon, d’autres de Maître Jacques et certains du Père Soubise. Ils constituent « les vieux devoirs » et leur objectif est la transmission des savoirs des métiers qu ‘ils représentent, mais aussi de valeurs humaines et spirituelles au rang desquelles figure l’entraidefraternelle. Ils travaillent sur la matière mais aussi sur un plan spirituel au travers d’une forte affiliation, pour la plupart des sociétés, à l’église catholique au moins jusqu’au milieu du 17ème siècle.

Pour la maçonnerie, il ne s’agit bien sur plus de transmettre des connaissances ou des secrets techniques, mais d’en faire une référence symbolique pour la construction de l’être humain. Cetteconstruction s’appuie sur le travail et principalement sur le travail en loge au contact de nos frères réunis au sein d’un même rite, pour la GLDF c’est le REAA, et avec l’aide d’un rituel ou tout est symbole. Nous sommes, lorsque le Vénérable Maître ouvre les travaux, dans un temple où nous sommes unis en fraternité pour nous construire et ainsi sortir du monde profane pour rentrer dans un espaceou règne la sagesse, la force et la beauté.

La deuxième référence est celle des bâtisseurs de Cathédrales qui voit naître, dès le moyen age, les guildes ou les confréries d’artisans et plus particulièrement celles des métiers des constructeurs de ces édifices religieux. Ils s’appelles en Angleterre les « free masons » car comme en France, ils circulent librement de villes en villes. Au 15èmesiècle, le compagnonnage est attesté et prend la forme qui sera celle que nous lui connaissons jusqu’à la fin du 19ème siècle. Les compagnons se regroupent par métiers ou groupe de métiers. Il y est question de rites et de rituels, de cérémonies d’initiation, de signes, de mots et d’attouchements de reconnaissances et de  marques distinctives : les couleurs et les cannes. C’est à cette époque que lescompagnons assurent « que ce que tu fais te fait ». Ils évoluent selon trois états : apprenti, compagnon et maître. Pour être plus précis, en affilié ou aspirant, compagnon reçu et compagnon fini. La notion de Maîtrise revêt, dans le compagnonnage, une connotation bien particulière plus proche de celle du « patron » ou du « propriétaire » que celle de l’expert du métier pratiqué.

LaFranc-maçonnerie se retrouve dans l’idéal de perfection du compagnonnage qu’elle considère comme une maçonnerie opérative au regard d’une maçonnerie que nous qualifions de spéculative. Les outils des bâtisseurs de cathédrale comme l’équerre ou le compas, la règle ou le niveau, le maillet ou le ciseau, la perpendiculaire ne sont plus considérés comme des outils destinés à réaliser une œuvre matérielle,...
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