Résumé : vincent lemieux et jean turgeon, « la décentralisation : une analyse structurale », revue canadienne de science politique, volume 13, numéro 4, 1980, p. 691-710.

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Vincent LEMIEUX et Jean TURGEON, « La décentralisation : une analyse structurale », Revue canadienne de science politique, volume 13, numéro 4, 1980, p. 691-710.

Section 1 et 2
L’article de Lemieux et Turgeon présente une analyse du système et plus spécifiquement de la structure de décentralisation des Centre locaux de services communautaires. Les CLSC ont été introduits au paysage socialquébécois en 1971 afin de pallier aux services offerts par les médecins, avec pour mission « d’assurer à la communauté des services de prévention et d’actions sanitaires et sociales » (Lemieux, Turgeon, 1980 : 698). Ab initio, la loi 65 stipulait clairement que les CLSC étaient à tendance essentiellement centralistes. Effectivement, c’est au ministère de la Santé et des services sociauxqu’incombait la décision d’implanter ou non un CLSC dans une région donnée. En ce qui a trait à la planification et à l’implantation, l’autorité revenait aux Conseils régionaux. La régulation des CLSC s’effectuait par le biais des Conseils régionaux sur la santé et les services sociaux (CRSSS). Cet organisme est habilité à surveiller les élections des membres des conseils d’administration. Les CLSC, quisouhaitaient obtenir davantage de pouvoir décisionnel à l’intérieur de leur structure, demandèrent donc au gouvernement la décentralisation de leurs services. Par définition, il s’agirait d’un « système consistant à confier des pouvoirs de décision à diverses collectivités territoriales (ou encore des organisations ou des organismes) autres que l’État » (Lemieux, Turgeon, 1980 : 695). Ladécentralisation s’opère à différents niveaux, notamment en ce qui concerne le contrôle sur les postes sociaux, les actions et l’organisation qui régulent le système dans son intégralité.
Déconcentré et régionalisé depuis le début des années 1977, des commissions administratives ont été créées afin de pouvoir proposer aux CRSSS des recommandations. Le mandat des CRSSS augmentée, ils se sont vus attribuées laresponsabilité de la gestion des commissions administratives en plus des responsabilités qui s’appliquent à l’implantation des CLSC sur leur territoire. Les nouveaux pouvoirs et responsabilités qui s’en suivent sont nombreux : le contrôle des flux monétaires intrants dans les CLSC avec une plus grande souplesse de manœuvre associé aux flux matériels. Malgré l’ascension manifeste des pouvoirs duCRSSS, les balbutiements de la décentralisation n’empêchaient pas le pouvoir ministériel de détenir les plus grandes responsabilités. À propos des effets de cette décentralisation sur les relations entre les différents acteurs impliqués dans les soins de santé et sur les modifications de leur rôle parmi les CLSC,  Lemieux et Turgeon ont plusieurs prises de position. Premièrement, les médecinsoccupent un rôle privilégié, ce qui contribue à créer une coalition embryonnaire avec le ministère de la Santé et des services sociaux :
« […] les CLSC, après avoir été une arme entre les mains du ministère, contre les médecins, ont été plus ou moins délaissés par lui quand les médecins ont rétabli une coalition avec les élites technocratiques du ministère. » (Lemieux, Turgeon, 1980 : 706).Puisque le ministère est celui qui décide de la définition d’un usager, il contrôle de manière unilatérale, les CLSC, le CRSSS de même que les usagers rattachés à ces deux organismes. Seuls acteurs à avoir été avantagés, sont les médecins et les CRSSS, qui ont vu leur rôle s’améliorer. Ceux-ci ont hérité du contrôle des CLSC, contrôle qui appartenait jadis au ministère. Les médecins, de leur côté,échappent toujours au contrôle du ministère car ce sont eux qui choisissent quels services seront offerts à la population. La structuration hiérarchique est évidente ici. Pour améliorer l’étendue de leur contrôle, les CLSC tentent à la domination des commissions administratives pour que celles-ci leur soient favorables dans leurs décisions. Néanmoins, il serait bien plus efficace d’exercer une...