Rafle du vel d'hiv

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  • Publié le : 8 décembre 2010
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Commentaire de texte : Allocution du Président Chirac du 16 juillet 1995

Ce texte est un discours prononcé par Jacques Chirac le 16 juillet 1995. Le nouveau Président de la République, élu deux mois auparavant, tient ici une allocution absolument fondamentale. Il y reconnait la responsabilité directe de l’Etat français de Vichy et de ses agents quant à la déportation des Juifs lors de laSeconde Guerre mondiale.
Jacques Chirac est un homme politique depuis déjà plusieurs décennies, il a occupé plusieurs postes de compétence comme député, Maire de Paris, ministre de l’Agriculture ou de l’Intérieur, et Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing puis de cohabitation sous François Mitterrand. Il a été candidat malheureux aux élections présidentielles en 1974, 1981 et 1988, etfinalement vainqueur en 1995. Il a fondé en 1976 le Rassemblement pour la République (RPR), parti de droite de gouvernement qui revendique l’héritage du général de Gaulle et de la Résistance.
Ce discours a un impact important et immédiat. Il rompt avec l’approche gaulliste de l’après Guerre et suivie successivement par les autres Présidents de la République. En effet, le général de Gaulle, dans un soucide préserver l’unité nationale et d’éviter une épuration sanglante des collaborationnistes pouvant potentiellement déboucher sur une guerre civile, considère que la République n’avait jamais cessé d’exister en sa personne et que le régime de Vichy n’avait été qu’une parenthèse illégale, donc irresponsable. Un an exactement avant ce discours, le Président Mitterrand s’était rendu sur la plaquecommémorative du Vel d’hiv pour rendre hommage aux victimes sans toutefois reconnaitre la responsabilité de l’Etat français.
L’allocution de Jacques Chirac marque un revirement clair et fort face cette approche. Prononcé le jour du cinquante-troisième anniversaire de la rafle du Vélodrome d’hiver, le nouveau Président de la République reconnait et décrit publiquement la responsabilité de l’Etatfrançais et de certains agents Français dans la déportation des Juifs de France. Cette décision de Jacques Chirac a un double but. Accomplir un devoir de mémoire capital et rétablir des faits historiques incontestables, afin de tirer les enseignements du passé, rendre une nouvelle fois hommage aux victimes et également aux actions civiles de résistance. Mais aussi s’affirmer comme un Présidentresponsable, avec une vraie liberté de parole par rapport à son héritage gaulliste, et utiliser ces événements anciens pour porter un message grave dans le présent.
En quoi ce discours accomplit-il un devoir de réparation historique et comment renseigne-t-il sur l’idéologie personnelle du nouveau Président de la République ?
On verra tout d’abord comment la gravité reconnue dans les faits permet de faireressortir un nouveau visage de la Résistance. On étudiera ensuite en quoi ces éléments construise la vision politique de Jacques Chirac, tant dans sa conception de la France que de sa vigilance à défendre ses valeurs.

I) La nécessité du devoir de mémoire

Bien que la chose soit difficile, Jacques Chirac annonce d’entrée son message principal de reconnaitre la responsabilité des autoritésfrançaises dans la déportation de Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale.

A) Le message historique : la responsabilité l’Etat français et de ses agents dans la déportation

Le Président de la République expose sur un ton grave et solennel la responsabilité du régime de Vichy et de ses agents dans la rafle du Vel d’hiv du 16 juillet 1942. De nombreux termes affichent cette difficulté etmarquent immédiatement l’importance historique et profonde de ces mots (« des moments qui blessent la mémoire » ligne 1, « il est difficile de les évoquer » l. 3, « rappeler l’horreur » l. 3, « ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à noter passé et à nos traditions » l. 5 et 6). Après avoir exposé la sensibilité des faits, Jacques Chirac reconnait directement...
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