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  • Publié le : 22 novembre 2011
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Le Mag
EN COUVERTURE
es maquettes font rêver Imad. Ce R’bati qui a vécu dans trois capitales européennes a été bluffé par celles de la Marina de Casablanca. Il a fait la queue, le premier jour de la commercialisation des appartements, pour avoir le privilège de déposer un chèque d’avance conséquent. “C’est sûrement un bon placement”, lâche-t-il, sur le ton de celui qui a bien pesé sa décision.Acheter, sur plan, une résidence dans un des projets qui font parler en société, c’est l’assurance d’avoir un sujet de discussion à la table du dîner. La pierre fait tourner les têtes. Construire, ériger, être propriétaire, transmettre... autant d’aspirations humaines. Légitimes, s’empresseraient d’ajouter les promoteurs et autres développeurs. Addoha, CGI, Alliances, MedZ, Palmeraiedéveloppement, Eemar, ces noms font désormais partie du décor économique local. Si les boursicoteurs ont souscrit en force les IPO des grands groupes immobiliers, c’est que les perspectives de développement paraissaient sans fin. Flot de financement venant de l’étranger, excès de liquidités, l’endettement paraissait peu risqué. Septembre 2008 est passé par là, mais depuis plusieurs mois déjà, ce sont à nouveaules valeurs immobilières qui animent le marché boursier.

Le futur Morocco Mall sur la côte casablancaise.

L

Tramways, ponts, tunnels, marinas, gratte-ciel… D’ici 1 à 5 ans, Casablanca, Rabat, Tanger et les autres grandes villes du royaume seront transformées. En avant-première, TelQuel dévoile les images, les dates et les chiffres.

Révolution urbaine
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TELQUEL 19 AU 25 SEPTEMBRE2009

Le Golfe du fric
Pelleteuses, grues, bulldozers... le paysage urbain national est désormais peuplé de ces engins. Si aujourd’hui Yann Arthus-Bertrand s’amusait à “voir du ciel” les métropoles marocaines, on pourrait prendre la mesure de la prolifération de chantiers.
TELQUEL 19 AU 25 SEPTEMBRE 2009

PAR FADOUA GHANNAM ET YOUSSEF AÏT AKDIM

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DR

Le Mag
Laissons retomber, uninstant, la poussière que soulèvent les milliers de bras humains et mécaniques qui font grimper, à leur sueur défendant, les cours de la Bourse. En quelques années, les projets immobiliers ou d’infrastructure ont poussé comme des champignons. Le filon s’est vite avéré intéressant pour une multitude d’investisseurs. D’abord, pour les nationaux qui y voyaient un placement sûr et (très) profitable. “LesMarocains consomment, il y a de l’argent à se faire”, assure un professionnel du secteur. Un filon aussi pour les investisseurs étrangers qui cherchaient de nouveaux marchés ou simplement à placer quelques excès de cash. “Après le 11–septembre, les Etats-Unis et l’Europe se sont fermés au nez des capitaux du Golfe. Dans la région, le Maroc passe pour un pays stable avec un marché assez mûr”,explique un architecte. Les deux ne sont d’ailleurs pas toujours concurrents. C’est ainsi qu’on a vu prospérer les joint-ventures, les consortiums associant intérêts privés ou publics marocains et des groupes immobiliers arabes et européens. L’Etat, via la cession de son domaine privé ou par son bras financier, a mis à disposition une réserve foncière conséquente, à des prix très compétitifs. Lesouverain lui-même n’a pas hésité à donner un petit coup de pouce, au besoin. On se souvient de ce voyage express à Dubaï de Mohammed VI, avec le patron de l’époque de la CDG, Mustapha Bakkoury, qui a précédé l’annonce par l’Emirati Sama Dubaï de son intérêt pour le projet d’aménagement du Bouregreg. Au milieu des années 2000, les portes du royaume sont grandes ouvertes devant les pétrodollarssaoudiens, émiratis, bahreinis et qataris. Mais la lune de miel entre promoteurs immobiliers marocains et étrangers tourne court. En 2008, les premières fissures apparaissent sur les murs. Premier à montrer des signes de faiblesse, l’Espagnol Fadesa qui finira par déposer le bilan, laissant son partenaire Addoha tout seul. Autre cas, la reprise par Alliances des intérêts de Thomas & Piron dans le cadre...
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