Ravage

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  • Publié le : 1 décembre 2010
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GENÈSE

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Premier "grand" roman publié de Barjavel pour qui il constitue ses vrais débuts d'écrivain, Ravage n'est pas pour autant le premier coup d'essai de l'auteur. Roland, le Chevalier plus fier que le lion est le véritable premier ouvrage édité. Avant lui et Ravage, un autre roman, François leFayot, est détruit par l'auteur. Pour Jérôme le Thor, dans le dossier de l'édition Cercle du Nouveau Livre de la Tempête, Barjavel se souvient :

- Ce livre était inspiré par les souvenirs de mon service militaire. J'étais violemment anti-militariste. Aujourd'hui, le garçon que j'étais collaborerait à Libération. J'avais été dans l'infanterie à Chaumont.
La discipline imbécile de l'époque, lasottise idiote des sous-officiers, tous vérolés, idiots...
(...) Sentir que ces gens-là avaient sur moi un droit de vie et de mort... Pour la moindre bêtise, c'était le tribunal militaire, les bat'-d'af'. J'en avais ressenti une telle rancune que j'avais écrit François le fayot. Le "fayot", vous le savez, était celui qui avait rempilé : un épouvantable personnage, une brute, un bon à rien...Barjavel est depuis peu à Paris où ses fréquentations le préparent à l'écriture de Ravage.

Deux ans avant la guerre, j'avais fait partie des groupes Gurdjieff. Cela avait orienté ma pensée vers une critique fondamentale de notre société moderne. Quand je suis rentré de la guerre, j'ai continué mon activité avec ces groupes. Je me suis aperçu, à un moment donné, à quel point cette société sidéveloppée, si puissante, capable de faire des guerres formidables, était vulnérable. Pourquoi ? Parce qu'elle dépend entièrement de l'énergie. J'ai donc écrit une histoire, au début de l'Occupation, dans laquelle une civilisation connaît soudain une privation totale de ses sources d'énergie.

Dans le même temps, Robert Denoël le forme aux métiers de l'édition, et par là de l'écriture :

- RobertDenoël était devenu un ami. C'est lui qui a fait de moi un écrivain. En 1939, je lui avais apporté le manuscrit du roman qui devait s'appeler Ravage et auquel j'avais voulu donner comme titre : Colère de Dieu. (...)
Il n'a pas aimé le titre, Colère de Dieu. Il a quand même lu le manuscrit dans la nuit et, le lendemain, il a consacré sa matinée à me montrer quels étaient mes défauts et mesqualités. Il a remplacé le titre par celui de Ravage. J'étais jusque là un journaliste, il a fait de moi un écrivain. En cette matinée, il m'a appris mon métier. C'était un homme fantastique. A part Céline, tous ceux qui sont passés chez lui lui doivent quelque chose de leur talent. Denoël était un éditeur dans le grand sens du mot.

Pour autant, si certaines idées et situations du roman sont inspiréespar l'histoire personnelle de l'auteur, le thème cataclysmique en lui-même s'inscrit dans une tradition prenant sa source dans les mythes anciens. La fin des Temps en particulier est un évènement commun à la majorité des religions, et pour la plupart, la destruction d'un monde entraîne la renaissance d'un nouveau. Seul le calendrier Maya, qui se termine abruptement en l'an 2011, ne s'inscrit pasdans cette logique cyclique d'un Éternel Retour. Les causes du cataclysme sont variées selon les croyances. Dans la religion chrétienne, c'est Dieu qui punit les hommes. L'Apocalypse de Saint Jean prophétise (VIII:7) :

Le premier ange sonna de la trompette : grêle et feu mêlés de sang tombèrent sur la terre ; le tiers de la terre flamba, le tiers des arbres flamba et toute végétation verdoyanteflamba.

Le Mahabarata indien, quant à lui, prévoit depuis des milliers d'années que la surpopulation de la planète en causera la fin.
La littérature inaugure ce thème en 1805 avec « Le Dernier homme » de Jean Baptiste Cousin de Grainville, et en 1926, Mary Shelley (auteur de Frankenstein) reprend le thème avec « The Last Man », dans lequel une maladie décime l'humanité.
Malgré l'optimiste...
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