Recherche biographique et bibliographique sur julie de lespinasse, édition scientifique annotée d'un article des causeries du lundi de sainte-beuve

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Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix
Faculté de Philosophie et Lettres

Département de Langues et Littératures
Françaises et romanes

Recherche biographique et bibliographique sur Julie de Lespinasse
édition scientifique annotée
de deux articles des Causeries du Lundi de Sainte-Beuve :
« Lettres par Mlle de Lespinasse »
&
« Mémoires d’Outre-tombe par M. Chateaubriand »Travail de fin de premier cycle
universitaire
présenté par Véronique JOTTARD

sous la direction de Michel BRIXAnnée académique 2008-2009
Introduction

« Efforçons-nous de deviner le nom intérieur de chacun, et qu’il porte gravé au-dedans du cœur »[1] écrit Sainte-Beuve. Une des volontés de ce critique du XIXe est d’attester ou pas l’authenticité de l’auteur dans ses propos, de dévoiler une partie de sa personnalité ainsi que de sa vie au-delà du masque de l’œuvre. Sainte-Beuve centre une partie de sonactivité sur la critique de genres mineurs : lettres, mémoires et journaux. Ces genres correspondent à son idéal littéraire : la modestie et la sincérité sont pour lui l’expression même du talent. Dans ses Causeries du Lundi, il interroge l’authenticité des écrits de l’auteur au-delà des stratégies narratives. À contre-courant des modes de son époque, il encense ou critique des auteurs oubliés oureconnus de nos jours. Des mémoires, comme ceux de Chateaubriand, peuvent-ils être véridiques ? Toute production esthétique présentée comme biographique peut-elle être sincère ?

Alors que Sainte-Beuve s’interroge sur les Mémoires d’Outre-tombe, reprochant à son auteur d’avoir passé certains aspects de sa vie sous silence dont une partie de ses nombreuses conquêtes amoureuses, il se réjouit del’édition posthume des Lettres de Mlle de Lespinasse. Adressées à son amant M. de Guibert, ces Lettres sont un témoignage précieux de la vie et des passions de cette salonnière du XVIIIe siècle. Bien qu’originellement non destinées à la publication, elles rendent encore plus célèbre leur auteur. En effet, de son vivant, Julie de Lespinasse inspire à Diderot son personnage du médecin dans Le rêve ded’Alembert [2] et Révéroni de Saint Cyr écrit, en 1817, une comédie en un acte intitulée Mademoiselle de Lespinasse, ou l’Esprit et le cœur.[3] En 1857, dans Les Causeries du Lundi, Sainte-Beuve apprécie le caractère spontané qui transparait dans toute la correspondance de Julie de Lespinasse qui écrit, le cœur à vif, ses tourments amoureux.

Le présent travail consiste en une préface auxarticles des Causeries du Lundi de Sainte-Beuve. Il s’agira d’une introduction à la vie et à l’œuvre de Mlle de Lespinasse qui se composera de trois parties : une biographie de Julie de Lespinasse, une présentation de ses écrits et une réflexion sur la littérature féminine dans la critique biographique de Sainte-Beuve.

Ce travail sera suivi d'une édition annotée de deux articles des Causeries dulundi de Sainte-Beuve : "Lettres [par] Mlle de Lespinasse" et "Mémoires d’Outre-tombe par M. Chateaubriand, le Chateaubriand romanesque et amoureux."

I. Biographie de Julie de Lespinasse

Julie-Jeanne-Éléonore de Lespinasse (ou également de l’Espinasse) nait à Lyon le 9 novembre 1732. Son acte de naissance la mentionne comme fille légitime de Claude Lespinasse, bourgeois de Lyon, et de JulieNavarre.[4] Un secret entoure la naissance de Julie de Lespinasse. Sa mère vit depuis longtemps séparée de son mari quand elle la met au monde. Et lorsque quinze ans plus tard, la jeune Julie apprend, à la mort de sa génitrice, qu’elle n’a aucun rang légitime dans la société où elle a vécu jusqu’alors, désargentée, sans aucune famille, elle ne peut que se résigner à aller chercher refuge au...
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