Redaction du commentaire de chatterton (acte i, scène 1, extrait).

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  • Publié le : 9 octobre 2010
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Chatterton, pièce de théâtre d’Alfred de Vigny, a été écrite en 1835. Nous sommes donc en pleine période romantique, et il ne faut pas s’étonner de découvrir avec le personnage de Kitty une héroïne à la sensibilité exacerbée, bien caractéristique de ce mouvement littéraire. Le texte est extrait de la scène I de l’Acte I. Selon la tradition, le passage joue le rôle d’une scène d’exposition. Ilsitue l’action dans un cadre réaliste et intimiste. Il présente les personnages en laissant deviner des antagonismes susceptibles de créer un conflit.



Le cadre de l’action peut être défini comme réaliste car l’auteur fournit dès le début de sa pièce des indications précises sur le lieu et le moment de l’action, en faisant référence à des réalités bien connues du lecteur. Ladidascalie initiale et les noms de personnes nous apprennent que l’histoire se situe en Angleterre, plus précisément à Londres, dans la maison d’un certain John Bell. Le moment de l’action est indiqué par la didascalie initiale : 1770. Cette date est peu éloignée de celle de l’oeuvre : 1835. Un tel choix est rare dans une pièce « sérieuse » : le drame et la tragédie empruntent le plus souvent leurssujets à l’histoire, aux mythes de l’antiquité. Le conflit du travail opposant John Bell à ses ouvriers, évoqué par le Quaker dans sa dernière réplique, confirme le caractère « moderne » de l’intrigue. Ce thème est d’ailleurs représentatif des années 1830 (émeutes populaires des "trois glorieuses", grève des canuts lyonnais, par exemple...) au moins autant que de la date théorique de l’action (findu XVIII° siècle). La proximité dans le temps peut être considérée comme un facteur de réalisme : le monde représenté par la pièce est en gros pour le public de 1835 le monde actuel, donc le monde réel.

Le décor est décrit avec précision : la pièce où se tiennent les personnages est désignée comme « une arrière-boutique », nous sommes donc chez un commerçant ou un artisan. Une«cheminée pleine de charbon de terre allumé » permet d’évoquer un intérieur confortable ; l’utilisation de la tourbe comme combustible est typiquement britannique. Deux indications surtout sont symptomatiques d'un souci exceptionnel de réalisme : le "grand escalier tournant" et la "grande porte vitrée".
Le « grand escalier tournant » que Vigny propose de placer sur scène conduit à «plusieurs portes étroites et sombres, parmi lesquelles se trouve la porte de la petite chambre de Chatterton ». Si l'auteur prend soin de les décrire, c'est que le spectateur doit pouvoir apercevoir ces portes situées au premier étage. Mission est donc donnée au metteur en scène de reconstituer non seulement le rez-de-chaussée (l’arrière boutique) mais aussi un véritable escalier que les personnagespourront emprunter, et le palier de l'étage où l’on verra sans doute apparaître le personnage qui donne son nom à la pièce : Chatterton.
La didascalie initiale mentionne aussi la présence d’une « grande porte vitrée » qui laisse deviner la boutique elle-même : « à travers les petits carreaux, on aperçoit une riche boutique ». Que faut-il entendre par ce « on aperçoit » ? Rien n’indiqueque cette ouverture soit une simple toile peinte : c’est peut-être un praticable transparent, à travers lequel on peut réellement voir quelque chose de la réalité extérieure. Le texte laisse la possibilité à un metteur en scène de faire s’agiter derrière cette porte vitrée, des ombres, des silhouettes. Ainsi, la référence à la réalité ne se limite pas à ce qu’on voit sur scène. Tout est fait pournous faire croire qu’en dehors de cette pièce où se tiennent les personnages se trouvent non des coulisses de théâtre mais un espace extérieur, lieu de la vie sociale. Le dispositif scénique proposé par l’auteur est un décor à double fond mettant en communication espace public (la boutique) et espace privé (l’appartement). C’est cet aménagement particulier de l’espace théâtral qui justifie qu’on...
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