Relation bancaire

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  • Publié le : 15 décembre 2010
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Note de synthèse

La relation bancaire avec la clientèle des particuliers : revue de la littérature
Premier Volet : La relation de service dans la banque
*** La création de l’Etablissement de Crédit Postal (ECP) est l’occasion pour La Poste des’interroger sur l’avancée des travaux scientifiques relatifs à la nature et la spécificité de la relation bancaire lorsqu’elle concerne les particuliers. C’est pourquoi, une revue de littérature sur la relation bancaire a été commanditée à G. Gloukoviezoff et J. Lazarus1. L’objectif de ce travail est de réaliser un état des lieux de la connaissance sur cette question afin d’étayer les réflexionsopérationnelles de La Poste. La banque peut être décrite comme un commerce traditionnel ; seulement, cette vision limitée au commerce de l’argent néglige la spécificité du bien échangé et les dimensions sociales qui l’entourent. Les travaux économiques et sociologiques s’accordent d’ailleurs pour donner une place centrale à la relation qui unit le prestataire et le client, même s’ils se focalisent sur desaspects différents.

Un bref historique de la relation bancaire
De la banque élitiste à la banque de masse La banque a longtemps été réservée à l’élite économique et sociale. Jusqu’en 1860, seuls la grande bourgeoisie d’affaires, à travers la haute banque, et les petits patrons de l’industrie et du commerce, auprès de banques locales, étaient liés au monde bancaire. La principale relation existanteentre le reste de la population et l’univers bancaire était une relation de méfiance réciproque où suspicion liée aux faillites bancaires et jugement moral hérité de la condamnation vigoureuse de l’usure par la tradition catholique prennent toute leur place. Les premiers pas de la bancarisation C’est cependant à partir des dernières décennies du XIXe siècle que la bancarisation va réellementdébuter même si ce n’est que de manière très progressive. Concernant la paysannerie, les structures mutualistes jouent un rôle essentiel dans cette évolution puisqu’à la veille de la première guerre mondiale, le Crédit agricole, par exemple, comptait 235 000 adhérents, soit 10 % des chefs d’exploitation. Le développement de l’activité bancaire au sein de ces établissements reste toutefois marqué par laprégnance de la morale ce qui peut sans doute expliquer un certain nombre d’aspects actuels de la relation bancaire.

1 Le premier est l’auteur de plusieurs travaux portant sur l’exclusion bancaire des particuliers (voir notamment la note de synthèse MR/01/04 d’octobre 2004) et réalise une thèse en économie sur le même sujet (LEFI, Université Lumière Lyon2), la seconde réalise une thèse ensociologie sur la banque comme institution morale et sociale (École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), Paris).

Note de synthèse MR/11

Octobre 05

La bancarisation de masse L’entre-deux-guerres voit l’activité bancaire se transformer radicalement : le maillage du territoire se développe, la population bancarisée s’accroît, et l’organisation bancaire se rationalise sur un modebureaucratique. Cependant, ce n’est qu’après la deuxième guerre mondiale que les Français vont réellement déposer leur argent dans les banques sous l'effet : 1. de la réorganisation du secteur bancaire par l’État (nationalisation de nombreux établissements bancaire, encadrement de leur activité, etc.) dans le but de financer la reconstruction du pays, 2. des lois de 1967-1968 qui enclenchentvéritablement le phénomène de bancarisation de masse de la population. D’une part, à partir de 1967, la création de guichet n’est plus soumise à une autorisation préalable (ceux-ci se multiplient dans une sorte de « course aux guichets » : de 7 776 en 1967, ils sont 15 133 en 1975) ; d’autre part, après 1968, la mensualisation des salaires se généralise : elle touchait 10 % des salariés en 1969,...
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