Relations entre maitres et valets dans le théâtre du xviième et du xviiième siècles.

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  • Publié le : 19 juin 2011
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Les relations entre maîtres et valets
Dans le théâtre du XVIIème et du XVIIIème siècles.

Toute l’ambigüité des rapports maîtres et valets apparait dès la comédie antique. Dès l’Antiquité, le valet-esclave est mis en scène par Plaute ou Térence. La tragédie ne concède aux esclaves affranchis que le rôle de confidents. Ce sont les comédies qui haussent les esclaves au statut de personnages àpart entière jusqu’au XVIIIème siècle en s’inspirant de la commedia dell’arte italienne. A travers les siècles, le rôle du valet a évolué, et particulièrement entre le XVIIème et le XVIIIème siècle dans des comédies allant de Molière à Beaumarchais ou encore Marivaux.

I-Au XVIIème siècle : Les comédies de Molière
Les rapports maître-valets, dans ses comédies, empruntent beaucoup au modèleslatins et italiens, mais les caractères sont moins tranchés : Molière s’attribuait souvent le rôle du valet.
Maitres et valets se complètent chez Molière. Par exemple, Dom Juan entretient des rapports de complicité avec Sganarelle, qu’il provoque par divertissement mais dont il ne peut se passer. S’il représente un modèle pour Sganarelle, qui s’épuise à l’imiter, il cherche souvent l’appui de sescontestations. Evidemment, Sganarelle se fourvoie la plupart du temps quand il fait la morale au libertin, mais il peut aussi triompher quand il détrompe son maître.
On observe que dans Dom Juan tout au long des scènes le maitre (Dom Juan) et le valet (Sganarelle) sont les personnages principaux. De plus, généralement, la scène se tourne autour de leur dialogue. Cependant ces deux personnages auxallures bien distinctes vont s’avérer dépendre l’un de l’autre et on verra très rarement un des deux personnages sans l’autre.
Le rapport valet-maître et maître-valet est bien différent. En effet Sganarelle est « soumis » à Dom Juan, alors que celui-ci est dépendant de Sganarelle. D’une part dans la première scène, Sganarelle critique son maître, ce qui montre que malgré le fait qu’il étaye toutce que dit son maitre, il n’en pense pas moins et même ses convictions sont à l’opposé de celles de Dom Juan. Cependant, à certains moments, il ne craint pas de le défier et essaie de le guider vers le chemin de la foi et des bonnes mœurs, même si la plupart du temps cela se produit en son absence (scène avec Charlotte et Mathurine). Le valet va tout de même garder le rôle de comique et faireguise de lien entre le public et son maître. On remarque aussi que Sganarelle est plutôt un confident qu’un valet, aucune tâche domestique ne lui est proprement attribuée. D’autre part, pour Dom Juan, Sganarelle est indispensable surtout sur le plan amoureux, pour lequel il se charge des « corvées ». Sganarelle écoute son maître et le confirme dans ses idées, il lui sert de témoin et de confident.Etant donné la place importante que prend Sganarelle dans la vie de Dom Juan, il se voit accorder certaines libertés qui ne sont normalement pas attribuées à un valet : on lui accorde par exemple fréquemment la parole mais on la lui coupe tout aussi souvent. Au final, malgré ses maintes préventions, Dom Juan n’écoutera pas son valet et découvrira à ses dépends que le libertinage qu’il pratiquaitétait contraire aux mœurs.
Les sentiments éprouvés l’un pour l’autre tiennent du paradoxe :
* Dom Juan éprouve de l’affection pour son valet mais également de la cruauté et quelques fois de la haine.
* Sganarelle ressent de l’affection pour son maitre mais aussi de l’admiration, sans pour autant en arriver à de la haine et en avoir peur.
Malgré leurs relations conviviales, Sganarelle demeureinférieur à son maître dont l’opinion triomphera à ses dépends, et il faudra attendre un siècle pour que les domestiques commencent à affirmer leurs revendications comme par exemple dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais.

II- Le valet dans le théâtre du XVIIIème siècle:
La relation se transforme dans le courant du Siècle des Lumières : maîtres et valets réfléchissent à leur condition et...
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