Relations internationales

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  • Publié le : 23 décembre 2009
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Qu’est que ce sont les relations internationales ? Question simple en apparence, elle est en fait assez complexe et mérite un détour assez long, en particulier un détour historique. On relève deux sens :
-phénomènes sociaux : des événements qui arrivent, des acteurs, et des processus de longue durée
-discipline académique : sont-elles de la science politique ou du droit ? Elle a pour objetd’étudier ces phénomènes sociaux.
Il faut faire un détour historique et intellectuel pour faire apparaître ce que ce sont les relations internationales. Par opposition à quoi on les pense, et comment on les pense. Il est impossible de bien les comprendre pour le moment, sans comprendre ce que sont les Nations, les Etats, les relation trans-gouvernementales,…
§1. Genèse de l’Etat Moderne :La question “Qu’est-ce que le droit international ?” renvoie directement à la question “Qu’est-ce que l’Etat ?”.
Suivant la définition classique de Max Weber, l’état est “une communauté humaine, qui, dans les limites d’un territoire déterminé, revendique, avec succès, pour son propre compte, le monopole de la violence physique légitime”, Le Savant et le Politique (1919). Cette définitionrecoupe assez largement la définition juridique de l’Etat : l’Etat aurait trois éléments constitutifs, à savoir un territoire, la population et une autorité politique souveraine sur ce même territoire et cette population. La définition juridique de l’Etat est assez statique là où la définition sociologique est infiniment plus dynamique. Pour Max Weber, tout tient dans la revendication du monopole de laviolence physique légitime par l’Etat, c’est-à-dire qu’il y a des revendications concurrentes au monopole, et c’est ce qui donne toute sa force et légitimité au monopole en vigueur. Ceci nous amène à la définition de Max Weber : “nous entendons par Etat, une entreprise politique de caractères institutionnels, lorsque, et tant que sa direction administrative revendique avec succès, dansl’application des règlements, le monopole de la contrainte physique légitime”, Economie et Société.
Cette définition a plusieurs implications. Tout d’abord, le fait de disposer d’un tel monopole, celui de la contrainte, ne signifie pas que l’Etat en fait un usage systématique. Ce qui importe, c’est que cet usage de la violence est une possibilité, une menace, quelque chose qui, lorsque tous les autresmoyens dont dispose l’Etat ont faillis, la violence physique constitue une raison ultime. L’Etat dispose de toute une gamme de dispositifs pour faire accepter par avance la contrainte, pour induire dans la tête des gens la légitimité de la contrainte et, infine, mettre en oeuvre cette contrainte. Deuxième implication de cette définition : ce monopole spécifique dont dispose l’état, le distingue detous les autres groupements sociaux existants sur la planète. Le fait que l’Etat dispose de ce monopole le distingue de toute autre forme d’organisation sociale, de groupe,… Max Weber prend l’exemple de l’église : elle ne peut avoir recours que à une contrainte psychique, c’est-à-dire que, par exemple, elle peut promettre le paradis. L’église ne peut réellement avoir recours à la contrainte physique,en tout cas, elle ne peut pas prétendre y avoir recours de manière légitime, en tout cas dans la partie occidentale du monde immergé. Plus exactement, on peut dire que l’église a été expropriée par l’Etat de la capacité à avoir recours à la contrainte physique pour faire appliquer la contrainte psychique qu’elle exerce. En d’autres termes, seul l’Etat peut faire un usage légitime de la violence.Bien entendu, tout type de groupement peut faire usage de la violence, mais ils ne le font pas de manière légitime, ou en tout cas, elle n’est pas perçue comme légitime la plupart du temps. Par conséquent, ces groupements, lorsqu’ils font usage de la contrainte, ne le font que dans la mesure où l’Etat le tolère. Troisième implication de la définition, historiquement, l’Etat n’est pas le seul...
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