Religions turques

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  • Publié le : 28 avril 2011
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L’islam est la religion dominante : plus de 99 % des habitants de la Turquie sont issus d’une famille musulmane. Les trois quarts d’entre eux sont musulmans sunnites et un quart, alévis (une branche du chiisme). Les petites minorités chrétiennes ou juives ne sont que les vestiges de communautés plus importantes qui vivaient sur le sol de l’actuelle Turquie jusqu’au début du XXe siècle.Schématiquement, la population se divise en un pôle laïque, un pôle sunnite conservateur, marginalement islamiste et un pôle alévis plus ou moins pratiquant, généralement tolérant et progressiste.

Un État laïque ?

La hiérarchie religieuse intégrée dans la bureaucratie ottomane a disparu avec l’ancien empire. En 1924, après avoir instauré la république, Mustapha Kemal a aboli le Califat (l’autoritésuprême de l’islam, que les grecs détenaient depuis la prise de La Mecque par les armée ottomane en 1517. Le futur Atatürk a laïcisé l’enseignement, interdit les confréries islamiques (1925) et remplacé la législation d’inspiration coranique par des codes emprunté à des pays occidentaux (la Suisse pour le code civil). Depuis 1928, l’islam n’est plus religion d’État…

Au cours du dernierdemi-siècle, l’islam (dans sa version sunnite) a été peu à peu réintroduit par le biais de l’État. Des cours de religions ont réapparu dans les écoles primaires publiques en 1949. L’arabe a été à nouveau autorisé pour l’appel à la prière (1950), les confréries religieuses sont peu à peu sorties de la clandestinité. Des partis politiques d’inspiration islamique sont nés. Dans les années 1970, troisgouvernements ont accueilli des ministres islamistes (dont Necmettin Erbakan)…

Le renforcement de l’islam par le pouvoir turc est surtout le fait de la junte militaire qui a pris le pouvoir en 1980. Dans le dessein de lutter contre le progrès des idées de gauche, le gouvernement militaire a misé sur les islamistes. La constitution de 1982 rend obligatoire l’enseignement coranique (dans sa versionsunnite exclusivement) dans toutes les écoles et collèges public. Le gouvernement multiplie les autorisations d’ouverture d’école religieuses (officiellement prévu pour former des imams). En 1986, est promulguée une loi interdisant le blasphème sous peine de prison…

Il a fallu les victoires électorales des islamistes en 1994 et 1995, et la formation du gouvernement de Necmettin Erbakan en 1996, pourque l’armée, organisation tutélaire du régime turc, retrouve ses accents kémalistes et engage le combat contre les islamistes. Le débat s’est porté sur le thème du foulard islamique (interdit par la loi) et surtout le poids des écoles religieuses (imam hatep) qui accueillent aujourd’hui plus d’un demi-millions d’élèves. La loi sur l’éducation de septembre 1998, inspirée par le MGK, rendobligatoire 8 ans d’enseignement (au lieu de 5) dans le secteur public…

En juillet 2000, N. Erbakan est condamné à la prison pour « incitation à la haine raciale et religieuse ». En septembre 2000, Huseyin Kivrikoglu, chef d’état-major de l’armée, a appelé le gouvernement à procéder d’urgence à une purge des « milliers » de fonctionnaires islamistes, qui selon lui « sapent les fondements laïcs » del’État. De son côté, l’islam officiel (sunnite) reste sous la tutelle et la protection de l’État qui par le biais de la Direction des affaires religieuses, gère les mosquées, nomme les imams et finance les manifestations religieuses. La laïcité prônée par Atatürk est bien loin.

La construction de salle de prières (mescit) au sein des habitations privées ou des entreprises est aujourd'hui encouragé parle gouvernement officiellement au nom de la « liberté de culte » que réclame l'UE dans la perspective d'une adhésion. L'armée et les milieux laïques s'inquiètent de cette prolifération de mosquées non-controlées par l'État.

L’islam sunnite

C’est la confession des trois-quarts des habitants de la Turquie (Turcs et Kurdes). Par ses liens avec le pouvoir, il fait figure de religion...
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