Reposable de nos croyances

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  • Publié le : 5 avril 2011
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Sommes-nous responsables de nos croyances ?
Introduction : 
La notion de croyance signifie que certaines de nos idées et représentations sont admises comme vraies, justes ou bonnes sans que nous disposions de raisons suffisantes explicites pour cela : nous adhérons à nos croyances dans la mesure où elles dirigent notre pensée et commandent nos actions, voire donne un sens à notre vie sans quenous sachions clairement pourquoi. En ce sens si elles nous activent, nous meuvent, nous les subissons passivement car elles s’imposent à nous sous l’apparence de l’évidence toute faite, de préjugés que nous ne produisons pas nous-même par un effort de réflexion personnelle et critique ; mais, paradoxalement, nous nous identifions tellement à elles qu’elles semblent nous appartenir et êtrel’expression de notre entière liberté au point que s’il nous est fait le reproche d’y croire nous revendiquons notre entière liberté d’y adhérer. Or, par cette revendication, nous nous déclarons responsables de nos croyances, car, dès lors que nous nous déclarons libres d’y croire, nous devons en répondre aux yeux des autres d’autant plus qu’elles génèrent des conséquences importantes dans nos relations àeux et, par conséquent dans leur propre existence. Et cette responsabilité exige que nous soyons capables de justifier nos croyances à leurs yeux pour légitimer les actes et décisions qu’elles provoquent et qui les concernent toujours peu ou prou, à moins de croire que nous vivons sur une île déserte en parfait irresponsable et/ou que notre liberté se confonde avec le refus de tout engagementvis-à-vis d’autrui ; croyances elle-même illusoires. Ainsi le paradoxe de la relation à nos croyances nous paraît insurmontable : n’est-il pas contradictoire, en effet, de se croire cause libre de croyances et donc d’en répondre comme si nous en étions les auteurs, alors qu’elles sont en nous sans que nous les ayons rationnellement produites et qu’elles paraissent du même coup l’effet des influencesextérieures, du conformisme ambiant (mimétisme) et/ou de nos passions les plus irrationnelles ? 
Pour répondre à ce paradoxe la tradition philosophique a longtemps crû qu’il était possible : 
- soit de se libérer de toute croyance au profit d’un savoir rationnel entièrement prouvé comme vrai et juste afin de devenir responsables de nos pensées et de nos actes (ambition forte) ; 
- soit de faire ensorte de rationaliser nos croyances de telle sorte que nous soyons capables d’en contrôler les conséquences et éventuellement d’en changer en les adoptant et les utilisant dans des conditions moins passives et passionnelles.(ambition faible). 
Or cette croyance philosophique a, dans les deux cas, aboutit à la construction plus ou moins laborieuse de systèmes rationnels de justification contradictoiresde croyances contradictoires qui se voulaient pourtant universellement valides. Ainsi les philosophes ont longtemps prétendu nous délivrer de nos croyances passives les plus irrationnelles et les plus illusoires (l’illusion consiste à se complaire à prendre pour vrai des idées fausses) ; or cette prétention est elle-même mise en échec par les conflits et les contradictions de doctrines qu’elle asuscité, ne serait-elle donc pas à son tour une croyance illusoire et partant irresponsable, au sens que les philosophes ne pourraient en répondre en la justifiant? N’y aurait-il pas une illusion proprement philosophique à croire que nous pourrions devenir responsables de nos croyances en pratiquant la réflexion critique philosophique à leur égard? Si oui alors nul ne pourrait être tenuresponsable de ses croyances et il faudrait montrer philosophiquement en quoi, sinon, il conviendrait alors de préciser à quelles conditions et dans quelles limites la réflexion philosophique peut nous aider à nous en rendre plus responsables. L’enjeu de cette question est donc bien la question de savoir si oui ou non et si non pourquoi et si oui comment, la réflexion philosophique peut nous rendre...
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