Rimbaud- une saison en enfer deux poèmes

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  • Publié le : 15 novembre 2010
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ETUDE D’UNE SAISON EN ENFER A TRAVERS DEUX TEXTES :
JADIS… (Premier poème du recueil) et NUIT DE L’ENFER.

Une saison en enfer est la seule œuvre que son créateur : Arthur Rimbaud a fait publier lui-même, en 1873. Ce recueil de poèmes en prose expose, sans doute, la période la plus souffrante que le poète voyant eut à vivre : c’est le résultat de sa relation passionnelle déchirée avec PaulVerlaine : l’époux infernal, le résultat de sa vie de déchéance, de vagabondage, d’ivrognerie : du dérèglement de tous les sens.
Ces textes, ce sont des glapissements de Beauté, des hurlements enflammés, des folies schizophréniques. Ce sont des flots frénétiques d’afflictions, les visions d’une âme damnée, d’infernales désillusions. Ce sont des espoirs empoisonnés, des amours déchues, desorgueilleuses violences et des larmes d’orgueil. Enfin, ce sont des regrets amers, des songes incendiés et des autocritiques poétiques.
Dans cette œuvre, l’expression capitale est: un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux, et je l’ai trouvé amer, et je l’ai injurié. En effet, c’est par ce refoulement de la Beauté que s’ensuivra tous ces textes, et toute la violence et toutes les souffrances exposées.Rimbaud semble presque devenu un apôtre de l’enfer : il s’est fait lui-même souffrance en avalant une fameuse gorgée de poison.
En quoi Rimbaud a repoussé la Beauté conventionnelle (et tout ce qu’elle implique : amour, plaisir, espoir (1)…) et pénétré, par le dérèglement de tous les sens, dans un enfer de regret, de violence, de souffrance pour atteindre une nouvelle Beauté?
(1) Cetteénumération ne prend en considération que les deux textes étudiés (Jadis…, nuit d’enfer) car, en effet, d’autres poèmes du même recueil laissent entrevoir une lueur d’espoir.

I-UN IDEAL ANEANTI OU REFOULE MENANT A LA VIOLENCE:

1) Un paradis ancien détruis ou regretté:

Déjà, le prologue (premier poème d’une saison en enfer) s’ouvre sur un passé où la Beauté était encore présente :
Ma vie était unfestin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient.
Cette première phrase, pour certains, peut être la représentation d’une parabole figurant dans l’évangile selon Saint-Mathieu. Cette parabole illustre le jugement dernier où le royaume des cieux est un festin prévu pour une noce royale. Le roi, sans aucun invité, mande à ses serviteurs de convier toute l’humanité. D’après laBible, certains seront admis à ce festin et atteindrons le paradis. D’autres, y seront refusé et pour, eux, ce sera les brûlures de l’enfer. On peut penser que Rimbaud, voulant atteindre le festin, le paradis y a été refusé, et donc, quelque part, a été refusé par la Beauté et qu’il est ainsi tombé en enfer.
Mais, cette phrase peut aussi représenter la cène : jésus partageant son dernier repas avecses apôtres. On sait que Rimbaud a eu une éducation très religieuse et donc, qu’il fondait sur la religion un grand espoir. Dans une saison en enfer, il nommera cette éducation religieuse : la sale éducation d’enfance. La religion faisait donc parti d’un de ses idéalismes, qu’il essaie de refouler violemment mais qui revient régulièrement dans une saison en enfer.
Cependant, cette phrase estsurtout l’évocation d’un paradis perdu, d’un idéal regretté et, par la suite, rejeté. L’expression où s’ouvraient tous les cœurs désigne les sentiments : la beauté de l’amour. Ma vie était un festin où tous les vins coulaient symbolisent des moments de joie, de fête : sa vie comme un festin est croquée à pleine dent, le vin la rend euphorique. Cette phrase aux traits harmonieux dessine un âge d’or,dès lors, regretté, inatteignable et flou : jadis, si je me souviens bien.
L’idéal détruis se retrouve aussi dans : tout dernièrement m’étant trouvé sur le point de faire le dernier « couac ».Un couac peut se rapporter à une fausse note, mais aussi à la mort. Dans le sens d’une fausse note, on peut penser à la poésie en vers, très musicale, que Rimbaud rejettera. Donc, faire un « couac » peut...
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