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Gouvernance d’entreprise et couverture des risques financiers : Étude empirique sur les entreprises françaises
Karim BEN KHEDIRI ♣ (2006)

Résumé : Le but de cette article est d’étudier la relation entre la couverture des risques et la gouvernance d’entreprise. Nous proposons de tester l’influence de la structure de propriété, le mode de rémunération par stock-options, le conseild’administration ainsi que d’autres caractéristiques financières de l’entreprise sur la décision ainsi que sur le niveau d’utilisation des produits dérivés sur un échantillon composé de 320 entreprises françaises non financières. Les résultats obtenus indiquent que la structure de propriété, la rémunération par stock-options, l’endettement, les contraintes financières et la taille de l’entreprise sont desdéterminants significatifs de la décision d’utilisation des produits dérivés. Toutefois, les résultats obtenus tendent à rejeter l’hypothèse soutenant l’effet des administrateurs indépendants ainsi que de la taille du conseil d’administration sur la décision de couverture. Mots clefs : La couverture, La gestion des risques, La gouvernance d’entreprise, Les produits dérivés. Abstract : The aim of thispaper is the study of the interaction between corporate hedging and corporate governance. We propose to examine the effect of ownership structure, compensation with stock-options, board of directors and others firm’s financial characteristics on the decision and the level of the use of derivatives over a sample of 320 French non financial firms. Results show that ownership structure, stockoptions,leverage, financial constraints and size of firm determine the decision to use derivatives. However, some of the results are counter to theoretical predictions that independent directors and the size of the board determine the decision of hedging.

Keywords : Corporate hedging, Risk management, Corporate governance, Derivatives
JEL Classifications : G3, G32, G39

♣ Karim BEN KHEDIRI , CIME, IAEde Caen. E-mail: benkhedirikarim@yahoo.com L’auteur remercie le Professeur Didier Folus pour ses encouragements et ses remarques pertinentes.

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Introduction Dans le monde parfait de Modigliani et Miller (1985), les décisions financières n’influencent pas la valeur de l’entreprise. Autrement dit, la structure de capital, la politique de dividende, la politique de gestion des risques, parmid’autres, sont des décisions neutres vis-à-vis de la valeur de l’entreprise. Ce monde, caractérisé par l’absence de coûts de transaction, l’absence d’impôt, la symétrie de l’information, est considéré comme irréaliste. Ceci dit, dans le monde réel, tous ces éléments regroupés sous le nom d’imperfections de marché, sont avérés être des variables ayant une influence sur les décisions financières etipso facto sur la valeur de l’entreprise. En effet, depuis les décennies 1980, plusieurs auteurs se sont intéressés aux déterminants de la gestion des risques par les entreprises non financières. Stulz (1984) et Smith et Stulz (1985) furent les premiers à modéliser les déterminants de la gestion des risques. Leurs modèles relâchent successivement ou conjointement les hypothèses de marché parfait.Ces déterminants sont basés sur l’hypothèse de la maximisation de la valeur de l’entreprise en supposant implicitement que les dirigeants agissent dans l’intérêt des actionnaires. Ces déterminants bien que très importants, demeurent partiels. En effet, ils ignorent les conflits d’intérêt qui peuvent exister entre les parties prenantes (stakeholders) et le mode de prise de décisions au sein del’entreprise. Les dirigeants, preneurs de décisions au niveau de l’entreprise, peuvent être amenés à prendre des décisions qui maximisent leur utilité, mais pas forcément celle des actionnaires. L’influence des préférences des dirigeants sur les décisions de couverture peut être analysée en s’appuyant sur la théorie de l’agence (Jensen et Meckling, 1976) et la théorie du signal (Ross, 1977) qui...
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