Roméo et juliette de shakespeare

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  • Publié le : 8 octobre 2008
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LES PRINCIPAUX THEMES


L'amour Le mariage La haine La fatalité La mort

L'AMOUR
Si Roméo et Juliette incarnent le mythe du couple amoureux qui ne transige pas avec ses sentiments, force est de constater que l'amour est un sentiment qui évolue au cours de la pièce.
Tout d'abord Juliette y est totalement étrangère, son jeune âge, à peine quatorze ans, et sa vie dejeune fille entre papa et maman la tiennent éloignée des émois amoureux.
- L'amour pétrarquisant
Roméo quant à lui est amoureux au début de la pièce, mais d'une jeune femme qui le dédaigne. Inaccessible, Rosaline n'en est que plus convoitée et Roméo de se plaindre. Amour ne rime pas avec bonheur, j'en veux pour preuve le lexique récurrent de la douleur et de la souffrance dés lors queRoméo parle d'amour :blessure infligée par Cupidon, "trop lourdement blessé" (page 73), " Poignardé", "Transpercé" (page 121), Roméo est un homme diminué selon Mercutio ; l'amour est " un fiel qui [...] étouffe" (page 51), et Roméo parle de lui comme d'un mort vivant : " Je vis mort, vivant seulement pour le dire" (page 53). L'amour est un sentiment paradoxal comme en témoigne les nombreux oxymoresqui servent à le définir : "douloureuse haine", "chaos difforme de belles apparences", "des plumes de plomb", "une flamme glacée" (page 51)La plainte de Roméo a des accents pétrarquistes ( Pétrarque (1304-1374), aima passionnément de Laure de Noves sans en être aimé, ils ne se sont d'ailleurs jamais rencontrés. La beauté de la jeune femme fut idéalisée tout comme cet amour désincarné qui inspiraà Pétrarque quelques 366 poèmes réunis dans La Canzoniere en 1470, poèmes lyriques ( essentiellement des sonnets) dans lesquels l'auteur exprime à la fois la joie d'aimer et le malheur de ne pas être aimé.) Roméo voue un véritable culte à la beauté de Rosaline, beauté incomparable( " la surpassante beauté" page 55 ; " Une plus belle que mon amour ! Mais le soleil qui perçoit tout / N'a jamais vuson égale depuis le commencement du monde" page 63) qui l'aveugle et le hante. Roméo donne de l'amour une image hors de toute réalité, il a recours à tous les stéréotypes littéraires pour en parler : il convoque la mythologie, la flèche de Cupidon, Diane ; son amour se teinte de mysticisme, il parle de "la dévote religion de [ses] deux yeux" (page 63).
Mercutio qui a de l'amour uneconception beaucoup moins platonique n'hésite pas à se moquer de l'attitude de Roméo. Il lui reproche de se perdre pour une cause perdue, il se moque de sa souffrance " Si l'amour est trop brute avec vous, soyez brute avec l'amour", il se moque de l'aveuglement de son ami : " il présente Rosaline moins comme une beauté idéale qu comme un objet de désir : " Son front haut, sa lèvre purpurine, son piedfin, sa droite jambe, sa cuisse frémissante et tous les beaux domaines adjacents" ; il imagine la frustration de Roméo, non du point de vue du sentiment mais du point de vue des sens : " Tiens il doit être assis sous un néflier, / Il désire que sa maîtresse / Soit cette espèce de fruit [....] / Nèfle ouverte [...] et toi poire pointue." (page 97). L'amour désincarné déshumanise Roméo ( voire ledévirilise au sens étymologique) " il est sec comme un hareng" et sa chaire est " poissonnifiée" (page 123) et son idéalisation est telle qu'il bafoue les figures mythiques de l'amour : " Laure auprès de sa dame n'est qu'une fille de cuisine [...] ; Didon une dinde ; Cléopâtre une bohémienne ; Hélène et Héro, des torchons et des putains : Thisbé, un oeil gris ou quelque chose comme ça." (page 123)
Onpeut mettre en parallèle ce sonnet de Pétrarque ( poème repris par Louise Labbé au 16ème siècle) et la plainte de Roméo : le choix des oxymores traduit la souffrance d'aimer mais aussi acceptation sans réserve de cette souffrance comme gage d'amour pour la femme aimée.

Nulle paix je ne trouve, et je n'ai pas de guerre à faire :
Je crains et j'espère ; je brûle et je suis de glace.
Et je...