Rotation sectorielle

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  • Publié le : 4 décembre 2010
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LES FONDEMENTS DE LA ROTATION SECTORIELLE DES PORTEFEUILLES
Jean-Pierre BERDOT, Daniel GOYEAU et Jacques LÉONARD Faculté de Sciences Économiques de Poitiers CRIEF/MOFIB

Résumé
La littérature récente sur la logique de sélection de portefeuille illustre le rôle devenu prépondérant d’une logique d’arbitrages intersectoriels. L’objectif de cet article est de synthétiser les spécificitéssectorielles. La première partie établit tout d’abord une typologie des secteurs selon leur positionnement par rapport au cycle général d’activité et selon leur degré de sensibilité par rapport au marché. Dans la seconde partie croise ces deux critères, ce qui nous conduit ensuite à positionner le cycle de la valorisation sectorielle et de l’investissement de portefeuille par rapport au cycle générald’activité réelle. Notre analyse est appliquée au marché français des actions en rapport avec la conjoncture économique française, sur la période 1994/2003. Cette typologie mène à l’identification de deux ensembles de secteurs particulièrement stratégiques : d’une part des secteurs en avance sur la conjoncture, donc les plus risqués, et en conséquence les plus surperformants en phase haussière du marché; d’autre part des secteurs en retard sur la conjoncture, donc les moins risqués et, en conséquence les plus surperformants en phase baissière du marché.

La littérature récente sur la logique de sélection de portefeuille rend compte d’une inflexion majeure en matière de diversification : à l’aune de l’expérience des grandes gestions, on est progressivement passé, depuis moins d’une dizained’années, d’une logique de diversification avant tout géographique –selon les zones monétaires et les places financières – à une logique d’arbitrages intersectoriels d’autant plus favorisée que les phénomènes de « régionalisation monétaire » se sont multipliés (monnaie unique européenne, ancrage progressif des PECOs à l’euro, ancrage des monnaies asiatiques et latino-américaines au dollar). Dans cesconditions, l’intérêt pour l’analyse des spécificités sectorielles devient prépondérant : autant la démarche géographique consistait à positionner chaque pays dans

son cycle économique, autant il s’agit désormais de positionner chaque secteur dans le cycle économique mondial. A ce propos, un effet majeur de la globalisation commerciale et financière est la réduction des décalages internationauxde conjoncture, autrement dit la tendance au « rephasage » des cycles nationaux d’activité. Il en résulte que la gestion active est passée d’une logique de rotation géographique à une logique de rotation sectorielle des investissements1. L’objectif de cet article est de synthétiser, à travers le croisement d’un indicateur de spécificité réelle et d’un indicateur de spécificité financière, lesspécificités sectorielles évoquées. Le premier indicateur rend compte du positionnement du cycle sectoriel dans le cycle économique d’ensemble : il s’exprime en termes d’avances ou de retards de la valorisation du secteur par rapport à l’activité économique d’ensemble dans laquelle il s’insère. Le second indicateur rend compte du positionnement de la valorisation sectorielle par rapport à lavalorisation globale du marché : il est exprimé par le coefficient β qui traduit le caractère offensif, neutre ou défensif de l’investissement dans le secteur. La première partie de cet article établit tout d’abord une typologie des secteurs selon leur positionnement par rapport au cycle général d’activité, tel que mesuré par l’importance des décalages de leur valorisation par rapport à ce cycle réel(avances ou retards). On procède ensuite à l’élaboration d’une typologie des secteurs selon leur degré de sensibilité par rapport au marché, telle que mesurée par le coefficient β). Dans la seconde partie, nous croisons ces deux indicateurs pour obtenir une typologie susceptible d’illustrer la double dimension d’une gestion active des portefeuilles. Cette typologie nous conduit ensuite à...
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