Rousseau-discours sur les fondements des inégalités ente les hommes

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 17 (4072 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 1 mars 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’Origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1ère partie.

Introduction
La première partie du XVIIIème siècle fut marquée par le début des premières expéditions lointaines, réalisées à des fins scientifiques, qui permirent la découverte des peuplades « primitives ». Ces découvertes remirent en question certaines idées selon lesquellescivilisation et société eussent été nécessaires et naturelles à l’homme.

Dans ce contexte, en 1754, l’Académie de Dijon propose, dans le cadre d’un concours, la question suivante : « Quelle est l’origine de l’inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle », question à laquelle Rousseau répond par la publication du Discours en 1755.

On pensait, avec les premiers «théoriciens du contrat », que l’homme était sorti de l’état de nature pour échapper à la tyrannie de l’inégalité entre les forts et les faibles, tyrannie parce qu’elle n’obéissait à aucune loi. Le passage à l’état social permettait donc de mettre un terme aux ravages de l’inégalité en l’inscrivant dans la légitimité. L’inégalité était à l’origine de la société, elle-même considérée comme un remède àcette inégalité. Or, le développement des sciences et des arts dans la société, loin d’endiguer les méfaits de l’inégalité tendant à détruire les liens sociaux établis entre les hommes, n’a abouti qu’à leur accroissement, si bien qu’on pourrait penser que les hommes ne font ainsi que suivre un penchant naturel. Cependant, l’apparition d’inégalités morales, et non plus seulement physiques comme ellespourraient l’être dans l’état de nature, laisserait supposer que l’inégalité se développe dès l’instant où les hommes ressentent la nécessité d’entretenir des rapports entre eux. Dans la mesure où il existerait un état naturel distinct de l’état social, doit-on alors affirmer que cette société, et l’inégalité qui en découle, sont contre nature ?

Rousseau, dans la préface du Discours, affirmela nécessité de s’interroger d’abord sur la nature de l’homme sauvage, afin d’établir s’il existe véritablement une parenté entre l’inégalité naturelle, avant tout définie comme une inégalité physique, et l’inégalité qu’on peut observer dans la société, qui dépend des conventions humaines. Une telle recherche présuppose donc qu’il faille se défaire de ces conventions, afin d’éviter de déduire lanature de l’homme primitif d’idées qui ne sont apparues qu’avec la société. Ainsi, les sciences n’étant d’aucun secours, cette recherche ne se fondera sur aucune ambition historique. Rousseau n’entreprend pas une explication historique du développement de l’inégalité, mais une généalogie, qui concerne davantage l’étude de l’évolution de la nature des choses que l’étude des faits. C’est pourquoil’étude de l’homme social et de son rapport à l’inégalité présuppose l’existence de l’état naturel de l’homme, au moins comme hypothèse capable de nous donner un recul nécessaire à l’analyse.

Dans la première partie du Discours, Rousseau s’attache donc à montrer que la notion d’inégalité revêt un tout autre sens pour l’homme naturel, dans la mesure où l’inégalité évolue en fonction des besoins, etque les besoins physiques et moraux de l’homme naturel sont très différents de ceux de l’homme social, ce qui le conduit ensuite à préciser la nature de l’inégalité naturelle en cherchant si celle-ci se fonde sur des caractères physiques ou moraux.

Les arguments développés par Rousseau

L’absence de fondements physiques de l’inégalité naturelle
Rousseau dépouille l’homme du cadre social danslequel il se trouve pour le considérer tel qu’il serait en n’étant soumis qu’à la nature. En particulier, l’homme naturel possède une constitution physique différente de celle de l’homme que la vie en société a déformé.

L’homme n’a donc, à l’état naturel, que son corps pour toute arme et semble de ce fait inférieur à la plupart des animaux (Rousseau fait ici implicitement référence au...