Rousseau-freud - l'homme n'est-il que le produit de ses passions?

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  • Publié le : 28 décembre 2010
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L’homme n’est-il que le produit de ses passions?
L’homme est sujet à des désirs, à des passions, ce sur quoi plusieurs, voir tout, philosophes s’accordent. Le sujet de cet exposé en affirme autant. En effet, demander si «l’homme n’est que le produit de ses passions », c’est admettre que celui-ci les subit. Cependant, la question ouvre la porte à une interrogation plus large encore que celle dessimples passions. Les réflexions sur ce sujet sont autant de réflexions sur la nature de l’homme, sur ce qui le compose; d’où la difficulté et la pertinence de cette question. Nous pouvons d’emblée admettre que l’homme vit en société. En conséquence, une exploration des dimensions sociale et personnelle s’impose. Alors, que produisent les passions? Est-ce que ces produits sont compatibles avectout ce que l’on connait de l’homme ou y a-t-il quelques phénomènes, quelques créations humaines, qui laisseraient entrevoir d’autres composantes dans l’esprit de l’homme?
En réponse à l’Académie de Dijon, qui cherchait l’origine de l’inégalité parmi les hommes et si celles-ci étaient permises par la loi naturelle, Rousseau, dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi leshommes, dresse un portrait de l’homme et de la société qui montre les conséquences des passions. C’est ainsi que, malgré un paisible départ et de simples besoins, l’homme, peu enclin aux passions, évolue avec ses connaissances. Il en va de même de ses passions, car celles-ci « tirent leur origine [de ses] besoins, et leur progrès [de ses] connaissances. » Rousseau nous explique comment lespassions, laissées sans contrôle, créent des inégalités dans la société humaine. On voit donc apparaître, dans les débuts, la loi du plus fort. Les capacités accrues de certains leur permettaient de laisser libre cours à leurs passions, aux dépens des faibles. De là commence aussi le concept de dominant et dominé, propre à la société; l’homme seul ne pouvant, bien entendu, être son propre maître et sonpropre esclave. Une des conséquences de ces passions incontrôlées est d’ouvrir la porte à l’abus de la part des plus forts, ces derniers ne faisant que peu de cas de l’impact de leurs désirs sur les plus faibles. Avec le développement de la société, le concept de fort et faible commença à prendre diverse forme, tel le riche et le pauvre, les gouvernants et les gouvernés, etc. Rousseau expliquefinalement que le puissant instaura la société de droit pour légitimer son pouvoir sur les autres. Dans la philosophie freudienne, on touche plus particulièrement à l’aspect individuel. Tout comme Rousseau, Freud, dans ses Cinq leçons sur la psychanalyse (C.L.P.), affirme que l’homme est sujet à des passions. Ces passions, chargées d’affects, se vivent différemment d’un individu à l’autre. L’individu« normalement » constitué arrive à composer avec ses passions, pendant que d’autres les vivent difficilement. Cette difficulté découle d’un conflit interne que vit la personne quant à un affect particulier. Cependant, pour avoir conflit, on doit avoir opposition. Quelle est donc cette partie de l’homme qui s’oppose à ses passions?
Dans la philosophie freudienne, ce conflit interne peut avoir desrépercussions externes, des symptômes. Ainsi, plusieurs de ses patients vécurent des épisodes d’absences, des troubles moteurs divers et d’autres effets psychologiques et physiques. Dans les débuts de la psychanalyse, il remarqua, avec le Dr. Breuer, que les patients souffrant d’hystérie (cet état symptomatique de conflit) avaient souvent réprimé des sentiments puissants découlant d’une situationantérieure, à la charge affective prononcée. Pourquoi ces patients auraient-ils souhaité réprimer de tels sentiments? Freud affirme que ce mécanisme psychique, qu’il appelle refoulement, découle du fait que ces passions sont inconciliables avec une part de l’être du patient, voulant s’éviter le déplaisir qu’il éprouverait en laissant libre cours à ses sentiments, « [apparaissant] ainsi comme un...
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