Rousseau

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1083 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 4 mai 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Rousseau considère comme premier modèle de société politique « la plus ancienne et la seule naturelle » : la famille. La cohésion d’une telle société est garantie par la dépendance des enfants vis-à-vis de leur père, d’ordre naturel: les enfants obéissent au père parce que le père subvient à leurs besoins. Quand les besoins cessent, les enfants obtiennent leur indépendance, et si les membresd’une famille restent ensemble c’est par convention sociale, d’ordre volontaire. La nature de l’homme veut qu’il s’occupe d’abord de sa propre conservation, tant dans la dépendance que dans sa propre maîtrise. On observe ainsi le premier processus d’aliénation sociale où l’on octroie sa liberté contre des services pratiques ; et si les liens de la famille sont marquées par l’amour du père pour sesenfants, les liens entre l’Etat et le peuple sont motivés par la jouissance du pouvoir chez l’Etat. Rousseau cite Grotius et Hobbes, qui pensent le droit comme le fait de la domination des plus forts sur les plus faibles ; les plus faibles ayant intérêt à se soumettre aux plus forts pour leur conservation. Et cela irait de pair avec l’idée que le chef est d’une nature supérieure à ceux qu’ils dominent.Avant eux, Aristote pensait que certains étaient naturellement faits pour la domination et d’autres pour l’esclavage. Seulement pour Rousseau, c’est confondre l’objet et la cause : un esclave naît esclave et « perd tout jusqu’au désir d’en sortir », donc c’est parce s’il veut rester esclave c’est parce qu’il l’est déjà, et non par une libre décision ou par une prédisposition naturelle à êtreesclave. L’aliénation en question, l’esclavage, ne provient que d’un acte social et non d’un état de nature (même si l’on naît souvent esclave de par les normes sociales, on ne choisit jamais naturellement de le devenir). De même, tout homme fictif ayant été le premier ou le seul de sa condition humaine pourra toujours se considérer comme maître parce que le fait lui fait croire à sa liberté (commeAdam le premier homme ou Robinson seul sur son île).

Chapitre III - Du droit du plus fort[modifier]Soumettre la puissance au droit et faire que la justice soit forte implique une démystification de l’expression mal formée « droit du plus fort » qui aligne deux ordres hétérogènes : celui de la réalité physique et celui de la moralité. Pour Rousseau, nul n’est vraiment maître de par la réalitéphysique, on doit s’appuyer sur la réalité morale : « transformer la force en droit » et « l’obéissance en devoir ». L’expression « droit du plus fort » est un oxymore : la force ne peut relever du droit car obéir à la force n’est ni volontaire ni moral mais nécessaire voire prudent. A supposer que la force soit un droit, aucun ordre politique ne serait possible puisque la force ne tire sa légitimitéque d’elle-même et de son avantage sur une autre force. Ainsi l’obéissance stricte à la force nous détourne de tout sentiment de devoir moral, donc de tout droit et de toute citoyenneté (ou du moins de tout sentiment d’appartenance à un Etat). « Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu’on est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes ».

Ce chapitre est une continuation critique desPensées de Pascal (art 298-299), où l’auteur justifiait l’usage de la force si elle a une cause juste : « Ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste ». Mais si Pascal se place du point de vue de la force juste, Rousseau se place du point de vue de l’obéissance à la force, comme obligation ou comme contrainte.

Chapitre IV - Del'esclavage[modifier]Rousseau a prouvé précédemment qu’aucun homme n’a d’autorité morale sur un autre et que la force ne peut faire droit : ainsi l’autorité naturelle légitime qu’il recherche pour les hommes est affaire de convention. Pour Grotius, le peuple peut aliéner sa liberté en devenant sujet d’un roi comme un homme devient l’esclave d’un maître. Or, un esclave ne se donne pas, il se « vend » en échange de sa...
tracking img