Ruy blas dossier pedagogique

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  • Publié le : 30 août 2011
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Ruy Blas un drame romantique
On dit souvent que Ruy Blas est le dernier succès du drame romantique et qu’il en constitue un exemple achevé. Ruy Blas, en effet, représente une forme aboutie des principales innovations qu’a apportées le drame romantique.
Un drame qui s’inscrit dans l’histoire
L’histoire occupe une large place dans le genre romantique. Sa fonction, comme le précise Hugo dansla Préface de Marie Tudor, est d’éduquer le public et de ressusciter un passé susceptible de faire comprendre le présent. Il s’agit donc d’aller bien au-delà d’un conflit de cour ou de diplomatie. Le dramaturge doit restituer toute une époque et le mouvement de toute une société pour faire comprendre le présent ou le passé proche. Avec cet objectif d’éducation, il est clair que l’onretrouve pas, dans le drame romantique, la même histoire que celle privilégiée dans la tragédie classique, histoire antique, voire légendaire.
Ruy Blas s’inscrit dans l’histoire de l’Espagne, vers 1695, à un moment qui voit la fin d’une dynastie royale et la décadence de la noblesse. Tout dans Ruy Blas exprime la défaire d’un royaume qui a été grand et ne l’est plus. L’absence du roi ditla vacuité du pouvoir ; l’ennui de la reine souligne l’immobilisme des valeurs et en quelque sorte l’arrêt du temps dans le palais ; les retours clandestins de don Salluste et de son cousin César défient les autorités policière et judiciaire de l’Etat, tout comme les incessants méfaits du bandit Matabolos ; quant au destin de Ruy Blas, un laquais devenant en six mois Premier ministre, ilmontre la tournure de farcesque que peut prendre l’accès aux plus hautes dignités dans un royaume en plein déclin. Mais ces stigmates de la décadence se lisent étroitement associé à ce qu’il reste des grandeurs passées. Ruy Blas, dans les trois premiers actes, laisse voir une société aristocratique et princière encadrée par de brillantes traditions et bénéficiant de très importantessources de revenus. La première scène de l’acte III rend évident le sentiment de confiance en l’avenir de la junte du conseil privé : on se dispute avec énergie les fermes d’impôts les plus rentables. Le réalisme historique est encore marqué par la juxtaposition de la vision du palais royal, guindé dans son faste austère, et la vision de Madrid, encanaillée et menaçante. Hugo donneainsi accès à la « totalité » d’une époque, à la « couleur locale » qu’il dit indispensable au drame, dans la Préface de Cromwell.
A partir de tous ces détails d’un passé encore significatif, Ruy Blas invite le public de la monarchie de Juillet à réfléchir sur toutes les fausses grandeurs qui peuvent masquer le profond déclin de la royauté.
La contestation des règles
Le drameromantique se définit comme une révolution esthétique. Il s’agit de la promotion d’un nouveau genre théâtral en opposition avec l’esthétique classique surtout avec les règles qui la fondent. Les conventions classiques les plus vigoureusement éliminées ont été celles de l’unité de lieu et de l’unité de temps ; la règle de bienséance a été, elle aussi, mise à mal. Ces rupture ont placé ledrame romantique sous le sceau de la liberté.
Ruy Blas illustre assurément ce renouvellement dramaturgique, mais avec mesure. Même si le temps du drame représente un petit plus de six mois, il faut remarquer que l’action, dans chacun des cinq actes, se rapporte à une journée. Quant aux lieux de l’action, on peut les réduire à deux espaces, le palais royal (salon des Danaé, salon de lareine, salle de gouvernent), puis la maison secrète de Salluste. La règle de bienséance, qui interdit la mort sur scène, Hugo semble soucieux de la respecter dans Ruy Blas : les coups d’épée qui tuent don Guritan et don Salluste sont donnés en dehors de la scène.
Cette modération dans l’exclusion des règles classiques est à associer au fait que Ruy Blas est un drame en vers. Hugo...
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