Ryman, rothko, soulages : monochromes

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  • Publié le : 14 juin 2011
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Dossier d’art comptemporain

Introduction

3 oeuvres. Il ne s’agit pas de déambuler en aveugle, d’ouvrir les yeux face à la matière mise en forme, de répéter l’opération par trois fois et puis de réfléchir un peu. Choisir trois oeuvres parmi les centaines que compte le centre Pompidou représente la réflexion originaire de ce dossier.

Pourquoi 3 aplats “monochromes” ou presque ?

Parceque ce que le monochrome donne à voir nie tout ce que le concept d’art a pu traditionnellement contenir. Le monochrome n’est pas une imitation, une représentation, un système signifiant. Face à un Malevitch ou un Klein, se perd la frontière entre plastique et physique, entre art et technique. Entre plastique et physique en tant que le signifiant est pure matière. Entre art et technique dans lamesure où otés de leur cadre, soustraits à la toile, les monochromes ne semblent être rien de plus qu’une application méthodique de peinture à la façon des industriels ou des artisans. Avec la texture, la composition et le dessin, la couleur est l’un des éléments formels du tableau. Sommes-nous face à un seul signifiant ? Il est en effet difficile d’appliquer aux monochromes la méthodologie de Panofskytant la signification factuelle et le sujet conventionnel de l’image sont indissociables : la matière peinture renvoyant à la fois l’oeil et l’esprit à la couleur. Ne peut on s’en tenir qu’à la signification intrinsèque, celle qui fait de l’oeuvre la représentation de principes spécifiques à une époque, à une pensée, à une culture ? Comment le monochrome peut-il se défaire de la simpledémonstration physique de la couleur, de la matière peinture ?

Rothko, Soulages, Ryman. 3 artistes usant de l’aplat, de la monochromie ou quasi-monochromie. La complexité de la quête dans la simplicité de la forme. Si ces oeuvres provoquent des expériences sensibles bien différentes, je vais partir du principes que c’est parce que ce qu’elles tendent à exprimer est différent. Il y a 3 “vouloir dire” quis’inscrivent dans 3 démarches picturales distinctes. C’est dans cette recherche que s’inscrit l’analyse des trois oeuvres sélectionnées pour constituer ce dossier, dans la quête d’un lien entre le vouloir dire de l’auteur et ce à quoi l’oeuvre renvoie l’esprit du spectateur, dans un travail de distinction des oeuvres à travers les recherches picturales qu’elles aboutissent.

R.RYMAN (1930) Chapter,1981
« Il n'y a jamais eu de questions sur quoi peindre mais sur comment peindre »

Robert Ryman est un peintre américain appartenant à la tradition du monochrome initié au début du XXème siècle par Kasimir Malevitch. Il y intègre une dimension neuve à travers l’art conceptuel, questionnant de manière systèmatique les élèments constitutifs d’un tableau.

Robert Ryman : interroger la peintureL’oeuvre de Robert Ryman s’inscrit autant dans l’impressionnisme abstrait que dans le minimalisme américain. Il est cependant très proche de la quête conceptuelle de définition de l’art à travers l’art.

1. Minimal art et art conceptuel

L’art conceptuel, s’il ne constitue pas un mouvement structuré, une approche uniforme, se définit en tant que la recherche de “ ce qui permet à l’artd’être art ”. Mais il convient de distinguer deux aceptions de ce même mouvement. Depuis DeVinci et sa définition de la peinture en tant que “cosa mentale”, les conceptuels furent ceux qui offrirent le prima de la recherche, de l’idée, sur l’oeuvre finale, la toile abouti. Le cheminement intellectuel a ici plus de valeur que l’objet présenté. D’autre part, avec nottament Joseph Kosuth ou le collectifart et language, il a cette tentative de créer des définitions de l’art. La distinction entre les deux branches de l’art conceptuel vient de ce que du prima de l’idée on passe à une exigence tautologique qui veut que l’oeuvre d’art définisse ce qu’est l’art. S’en est fini de l’incertain, l’art conceptuel dans cette seconde aception évolue dans le fini : l’art perd dès lors toute fonction...
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