Rythm traditionel

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  • Publié le : 4 août 2010
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INTRODUCTION GENERALE

1. Problématique

Il est incontournable que l’initiation représente une réalité importante en ethnologie. A titre de première approche, nous pouvons citer cette définition donnée par Anselme TITIANMA SANON : « L’initiation n’est pas autre chose que l’incorporation officielle des jeunes hommes du clan à la communauté issue des ancêtres »[1]. Mais voilà qui mérited’être nuancé et approfondi. D’abord, l’initiation n’est pas un privilège masculin : en maints endroits de la planète, la jeune fille s’y soumet ou s’y soumettait. En second lieu, la définition ne vise qu’une des définitions possibles, celle qui se déroule à l’adolescence. Or certaines peuplades connaissent ou ont connu des initiations aux différentes périodes clés de l’existence. Et à côté desinitiations « obligées », on en trouve d’autres facultatives, lors de l’entrée dans une confrérie ou dans une société secrète, comme se fut particulièrement le cas en Afrique de l’Ouest. A titre de seconde approche, signalons que l’initiation revêt un caractère universel : on la retrouve dans la religion hindoue, perse (mazdéisme= religion zoroastrienne de l’Iran antique, encore pratiquée parles Guèbres, les Parsis), dans le chamanisme, les cultes à mystères, le judaïsme, le christianisme, l’islam (avec mention particulière pour le sufisme), chez les Indiens d’Amérique, et dans toutes les ethnies d’Afrique. Très souvent dénommés primitifs, avec une nuance de mépris, les peuples africains se révèlent riches d’une profonde expérience religieuse ; ce qui a fait toute position de nomunique. Et pourtant, certains traits généraux peuvent en être soulignés. Partout, l’univers est dépendant des dieux, et l’existence humaine ne peut trouver sa place et son sens que si elle reconnaît l’ordre du monde et s’y intègre. Partout des rites complexes, répétant symboliquement l’histoire sacrée racontée dans les mythes entretiennent et régnèrent la part de l’espace confié aux hommes. Partout,l’initiation, avec plus ou moins de violences, fait passer les néophytes d’une vie insignifiante, proche du chaos ou de la mort, à un comportement responsable, respectueux des traditions ; celles-ci sont toutes remplies de la présence des êtres invisibles, dont ne sont apparents que les masques. Au terme la mort elle-même devient initiation[2].

L’inculturation est au cœur du message révélé.Né dans une culture donnée, le message du Salut a successivement emprunté aux diverses cultures, qui ont jalonné l’histoire sainte, de quoi s’exprimer pleinement et de quoi dire sa richesse qui dépasse tout entendement. Et c’est l’Esprit Saint, agent principal de l’inculturation, qui a guidé les premiers disciples vers l’insertion de l’Evangile dans les cultures des peuples autres que le peuplejuif. Le peuple Bassar fait partie de ces peuples africains avec des traditions riches et variées, au nombre desquelles l’initiation. Qu’entend-il par initiation ? Quel sens revêt-elle chez ce peuple ? L’initiation se limite-t-elle aux gestes extérieurs, visibles ou a-t-elle une réalité cachée derrière tout cela ? Peut-on trouver une interprétation sociologique, religieuse, cosmologique,épistémologique… à ces initiations ?

Dans aucune contrée de la terre, l’initiation ne saurait se limiter aux signes visibles. Ça serait un jeu. Et c’est la même chose chez le peuple Bassar. Au-delà des signes visibles, il y a tout un réseau de réalités cachées derrière eux, qui font, à notre avis, la richesse, la valeur, la raison d’être de l’initiation.

2. Choix et motivation

Dans le cadredu travail de Fin de Cycle présenté en vue de l’obtention du Grade de Gradué en Théologie, mon choix s’est fixé initialement sur le thème : Une approche Comparative d’initiation culturelle et le sacrement des malades, le cas d’un féticheur Bassar du Nord-Togo. Etant au service de la communauté, l’initié féticheur peut et devra permettre à n’importe qui de visiter le fétiche, pas pour...
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