Saccard et gundermann : le combat sans merci de deux maîtres de l’argent

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  • Publié le : 12 décembre 2010
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I Gundermann
1 – Portrait physique et moral
« Un homme de soixante ans , dont l’énorme tête chauve , au nez épais , aux yeux ronds , à
fleur de tête , exprimait un entêtement et une fatigue immense » , « souffrant depuis vingt ans
d’une maladie d’estomac , il se nourrissait absolument que de lait » ; sobre et frugal.
Incarne la représentation collective du banquier juif , la « passion juivede la famille , de la
lignée nombreuse qui fait la force et qu’on défend » ; « Il avait cinq filles et quatre garçons. »
Il est l’accumulateur ennemi de la jouissance , qui ne consomme même pas l’argent qu’il
gagne : « c’était un engouffrement de la richesse publique au fond de cette richesse d’un
seul. »
Il est l’infatigable travailleur « intelligence vive , travail acharné , effortprudent et
invincible » ; « Levé dès cinq heures , il était au travail lorsque Paris dormait encore. »
Depuis le Moyen-Age , l’imaginaire du juif en fait un être incivique qui privilégie ses
proches et travaille pour son compte personnel ; or Gundermann se caractérise par sa
stabilité et sa sagesse , un « infaillible Napoléon de la finance » ; il ne joue pas : il actionne
les mécanismes financiersen « vrai maître. »
2 –« Le roi tout-puissant de la Bourse »
« Le banquier roi , le maître de la Bourse et du monde. » Il a une tactique sans faille . Selon
lui , on ne peut anticiper les mécanismes boursiers mais on les prend comme ils arrivent : « Sa
théorie était qu’on ne provoquait pas les événements à la Bourse (…)La logique seule
régnait , la vérité était , en spéculation commeailleurs , une force toute-puissante. »
Un seul principe : la fixation morale du juste prix . Pour lui , une action « vaut d’abord son
prix d’émission , ensuite l’intérêt qu’elle peut rapporter , et qui dépend de la prospérité de la
maison , du succès des entreprises . Il y a donc une valeur maximum qu’elle ne doit
raisonnablement pas dépasser ; et , dès qu’elle la dépasse , par suite del’engouement public ,
la hausse est factice , la sagesse est de mettre à la baisse , avec la certitude qu’elle se
produira.»
Utilise la force de l’argent de façon massive « par la vertu décisive des gros bataillons ».
Ainsi , il abat l’Universelle grâce à un plan élaboré d’avance : « Et , déjà , il fixait au cours
de quinze cents francs son entrée en guerre . A quinze cents , il commença donc à vendrede
l’Universelle , peu d’abord , davantage à chaque liquidation » . Il possède un capital
inépuisable ( un milliard) ce qui fait sa force .
Ceci dit , il remporte la victoire sur Saccard grâce à la trahison de la baronne Sandorff qui lui
révèle les difficultés de L’Universelle : il peut alors « écraser le marché sous des ventes
énormes » . Sa victoire n’est pas due à sa froide logique , cequi discrédite un peu le
personnage .
II Saccard
1 – Portrait physique et moral
Porte un faux nom Saccard forgé sur le nom de sa première femme Angèle
Sicardot : « Saccard , Aristide Saccard … Avec deux c …Hein ! Il y a de l’argent dans ce
nom-là ; on dirait que l’on compte des pièces de cent sous. » Vrai nom Aristide Rougon ; ses
frères Eugène et Pascal ; appartient à la branche légitimedes Rougon-Macquart . Dans La
Fortune des Rougon (premier roman du cycle) , employé de préfecture et journaliste qui
nourrit déjà des rêves de fortune et profite du coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte pour
quitter Plassans et gagner Paris . Dans La Curée , profite des grands travaux pour s ‘enrichir
par la spéculation immobilière ; après la mort d’Angèle Sicardot , épouse Renée Béraud duChâtel ( a un fils , Maxime qui devient l’amant de sa belle-mère) ; détourne l’argent de sa
femme et fait faillite après des spéculations frauduleuses . Passé louche .
A cinquante ans en 1864 ; « L’âge ne mordait pas sur sa petite personne » ; « maigreur ,
vivacité de jeune homme » , « visage noir et creusé de marionnette , au nez pointu , aux
minces yeux luisants ». Portrait ambivalent de...
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