Saint guinefort

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LESBROS Alexia 812
BEAUDET Marie

Le Saint lévrier Guinefort, guérisseur d’enfants depuis le XIIIe siècle

- Jean Claude SCHMITT -

I. A propos de l’œuvre

1. Présentation de l’œuvre et de l’auteur.
J. C. SCHMITT : historien français du XX°/XXIe, agrégé d’histoire et ancien élève de l’école des Chartes. Il s’intéresse aux aspects socioculturels del’Occident médiéval, appréhendés dans une perspective et avec des méthodes anthropologiques, toujours dans le souci de faire alterner études à échelle réduite et vastes synthèses.
L’Œuvre : l’auteur part d'un exemplum* de l'inquisiteur* dominicain* Etienne de Bourbon. En utilisant l'analyse littéraire et la comparaison (avec d'autres légendes similaires et avec la légende sous sa forme du XIXe), lesrecherches dans les archives, l'enquête ethnologique sur place et l'archéologie, il inscrit le texte médiéval dans l’axe suivant : culte des saints, culture cléricale et culture des « illettrés » au Moyen Âge.

2. les méthodes de l’historien

a. L’enquête ethnographique en Dombes
Début XIXe : de nouvelles traces du culte dans un bois en Dombes (« au XIX° siècle, les paysans du lieucontinuaient de se transmettre la légende du saint chien qu’ils honoraient. » p.185/6). L’auteur s’appuie sur une lettre (p.177) rédigée par un curé de Chatillon-sur-Chalaronne attestant de la survivance du culte jusqu’à cette époque : « On va depuis bien longs temps dans le bois en dévotion à saint Guinefort ». La proximité d’une rivière (la Chalaronne), l’ancienneté du culte, les similarités ence qui concerne le rite (ex : vieille femme jouant le rôle de la vetula*, p.193 à 198) et la situation géo du bois / localités proches (carte p.174/5) permettent de penser que le culte dont parle l’exemplum avait lieu ici.

b. Temps du récit, temps de l’histoire
Des coïncidences chronologiques entre la légende du chien et la mention du St Guinefort posent le problème de la genèse(constitution au XIe/XIIIe // mutations des rapports sociaux p.230 à 235).
L’enquête cartographique et les fouilles archéologiques prouvent qu’il y avait bien un castrum à l’endroit du culte, là où s’imbriquent plusieurs territoires (p.223).
Puis l’auteur s’est intéressé à la production et à la transmission de la tradition orale ainsi qu’à la fonction sociale du culte (époque contemporaine). Ainsi lesfemmes auraient joué le rôle de « gardiennes de la tradition » (p.230) et le culte aurait été un moyen pour la communauté paysanne de s’affirmer, voire de renverser l’ordre social.

II. L’exemplum d’Etienne de Bourbon

1. qui est Etienne de Bourbon ?
Etienne de Bourbon est un prédicateur* dominicain* du XIIIe siècle, exerçant ses compétences théologiques dans la régionlyonnaise et la Dombes, mais aussi membre de l’Inquisition*. Cette fonction d’inquisiteur explique l’intérêt que porte Etienne de Bourbon à la campagne et à ses habitants. De plus, en tant que prédicateur général, il avait pour principal interlocuteur les curés, eux-mêmes interlocuteurs des membres de la paroisse.

2. Son œuvre 
Le but d’Etienne de Bourbon est de montrer quellesdispositions morales résultent de chaque don, vertu comme vice (p. 28). L’un des sept vices est l’orgueil (=superbia) dont une des manifestations est la superstition (p.29). Le prédicateur écrit un recueil d’exempla* qui trouvent leur source dans son expérience personnelle. Dans le présent exemplum*, l’inquisiteur montre le pouvoir du diable dont l’influence va jusqu’à l’institution d’un rite dans lequel lesmères invoquent les démons. Etienne de Bourbon dénonce les « femmes jeteuses de sorts » (p. 33) et l’amalgame fait au sujet du culte chrétien de Saint Guinefort dont on fait un mauvais usage.

3. Contexte : Moyen Âge et Inquisition
Etienne de Bourbon a donc découvert le culte rendu à Saint Guinefort lorsqu’il « prêchait contre les sortilèges et qu’il entendait les confessions »,...
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