Saire dans les regrets de du bellay

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  • Publié le : 7 avril 2010
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La satire dans Les regrets de Du Bellay

Introduction :

En juin 1553, Joachim Du Bellay arrive à Rome que les troupes de Charles Quint ont mise à sac vingt-six ans plus tôt ; il y accompagne comme intendant le cousin de son père, le cardinal Jean Du Bellay, auquel le roi Henri II vient de confier la mission de négocier avec le pape une alliance contre Charles Quint. Et c'est pendant ceséjour romain qu'il compose - outre des poèmes en latin - l'essentiel des Regrets, qu'il fait paraître en 1558, après son retour à Paris.
Les sonnets des Regrets disent la plainte d'un exilé à Rome - en même temps que la pérégrination (errance) de l'âme sur terre accompagne le thème du voyage ; mais l'élégie se double aussi d'une satire contre la cour pontificale.

Les regrets se nourrissentévidemment de références littéraires : dès le sonnet liminaire (initial) ("À son livre"), Du bellay se place sous l'invocation d'Ovide, dont il traduit plusieurs vers mot pour mot ; mais tandis que les Tristes gémissaient sur l'éloignement de Rome, les regrets renversent la perspective et font de la Ville éternelle « le bord incogneu d'un estrange rivage ». Au souvenir d'Ovide s'ajoute l'influence décisivede la satire horatienne (de l'auteur latin Horace) .

La satire vient moduler et contrecarrer le constat douloureux de l’élégie . Du Bellay force le trait pour évoquer la corruption de la société romaine, dénoncer les vices de la cour pontificale et l’hypocrisie des courtisans. Il utilise volontiers des infinitifs intemporels pour caricaturer les agissements des « vieux singes de cour » en unegalerie de portraits qui soulignent la fausseté d’un lieu où il convient de « cacher sa pauvreté d’une brave apparence ».

Mais le recueil trouve aussi son originalité dans le mélange avec une dimension satirique. C’est le « doux-amer » mentionné par Du Bellay dans l’adresse à d’Avanson, mélange de plaisir et de peine, de création et de critique. On le retrouve aussi dans l’oxymore « doucesatire »

I) satire contre Rome

II) satire sur voyage retour en France

III) satire contre ceux la cour

IV) un poète désillusionné

Rappelons dans un premier temps ce qu’est la satire.
La satire est un genre très codifié, depuis les latins Horace, Perse, Juvénal ; et c'est aux satires d'Horace que Du Bellay se réfère le plus, tout en s'inspirant dessonnets "bernesques" contemporains – l'Italie, et en particulier la Rome papale, était féconde en littérature satirique et burlesque.
La satire, selon Horace, est un poème assez long, d'inspiration morale, et qui dédaigne les attaques "ad personam" – du moins théoriquement : protégé par l'Empereur, Horace ne se gênait pas toujours pour désigner nommément ses victimes. Du Bellay fait de même : il"pardonne aux personnes" tout en condamnant des types... même si Jules III, Paul IV, Carlo Caraffa et bien d'autres apparaissent sous des portraits transparents, et mieux encore aux yeux des contemporains qu'aux nôtres.
I) Nous pouvons aussi nous demander pourquoi Du Bellay fait cette satire de Rome :
Il ne reste pas grand-chose de la Rome antique : on ne retrouve guère que le Colisée, lesThermes de Dioclétien (près desquelles le cardinal Du Bellay installera une superbe villa et ses jardins), et le Panthéon ("la Rotonde") ; tout le reste est enseveli sous la broussaille ou des mètres de terre. La Rome que voit Du Bellay est une ville de 55 000 habitants (elle en comptait plus d'un million à l'apogée de l'Empire !!), installée essentiellement dans les parties basses ; les collines sontinhabitées. Peu industrialisée, en proie à la fièvre constructrice des papes et des princes, elle est peuplée de prostituées et de mendiants, tandis que sa campagne est ravagée par des brigands ! Peu salubre, elle subira de terribles inondations - en 1539, 1559...) sans parler du sac de 1527, dont elle peine à se remettre... La vie y est donc difficile, et dangereuse : cf. sonnet 94 (p 104)...
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