Samuel beckett, en attendant godot, acte i - commentaire composé

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 11 (2721 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 20 décembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
En Attendant Godot, de Samuel Beckett, a été publiée en 1952. La pièce présente des caractéristiques du théâtre moderne avec une nouvelle dramaturgie qui remet en cause les caractéristiques mêmes du genre théâtral. De même, elle pourrait s'apparenter au théâtre de l'absurde par sa thématique, l'attente vaine de deux personnages, et par son écriture, qui dévoile une crise du langage.
La scèneque nous étudions se situe dans l'acte I, avant la rencontre de Pozzo et Lucky. Les deux personnages Vladimir et Estragon, sont en train d'épuiser tout les divertissements possibles en attendant Godot. La scène dévoile ici une situation paradoxale au théâtre : les personnages veulent agir mais il ne peuvent pas ; ils veulent se séparer mais ne peuvent vivre l'un sans l'autre ; ils veulent partirmais ne peuvent pas. Ils deviennent des non-actants, des êtres sans paroles...
Ainsi, Beckett détourne l'action théâtrale, refuse tous les ingrédients du théâtre classique : rien ne peut se construire ; l'action n'est pas unique mais nulle. C'est l'expression d'un théâtre moderne, où le tragique s'exprime à travers l'absurdité de la condition humaine. Comment, à travers la relation des personnageset leur situation, cette scène dévoile-t-elle un tragique moderne ?
D'abord, ce tragique moderne s'exprime à travers la relation des deux personnages, une relation aliénante hantée par le spectre de la solitude. Ensuite, cette scène dévoile une véritable crise de la communication et du langage. Enfin, la modernité

[I- Une relation aliénante à l'autre]
Cette scène dévoile donc la relationparticulière de deux personnages, une relation aliénante, caractérisée par un mouvement d'attraction – répulsion.

Le mouvement d'attraction – répulsion est présent dès le début de la pièce. Sans cesse, les personnages se cherchent et se repoussent. Dans la première partie de la scène, Vladimir va vers Estragon qui le rejette immédiatement, le retour à la réalité pour Estragon étant brusque etdifficile : « se réveille en sursaut ». Ceci entraîne alors immédiatement un ton de « reproche » et une réaction de rejet d'Estragon. Il provoque Vladimir et cherche sans cesse la dispute pour se venger d'avoir été réveillé. Comme le ferait un enfant contrarié vis-à-vis de son père, il le provoque. Ainsi, tente-t-il de raconter son rêve alors que Vladimir ne le veut pas. Il le taquine ensuite surun ton « câlin » et « voluptueux » qui dévoile l'ironie avec ses fausses questions « n'est-ce pas Didi ? ». Puis répète les paroles de son compagnon comme le ferait un enfant « calme..., calme », en les déformant. Et il réclame pour finir l'histoire de l'Anglais qui insupporte Vladimir.
A partir de cet instant, le mouvement s'inverse entre les deux personnages : c'est au tour de Vladimir defuir et à Estragon de le relancer : « Estragon se lève et le suit. ». Le ton d'Estragon change avec la culpabilité peut-être, de « avec reproche » à « avec douceur ». La succession de didascalies dévoile un mouvement de rapprochement à sa part, un pas après l'autre : « un pas en avant » / « un autre pas en avant »..., recherchant même le contact qu'il refusait au début de la pièce : « Il lui touchel'épaule ». Toute ce jeu de scène est accompagné par des phrases interrogatives qui montrent qu'Estragon à cet instant est en demande « Tu voulais me parler ? »... Il essaye de se faire pardonner ses provocations en rendant dérisoire leur dispute par la question « Tu es fâché ? », comme le ferait encore une fois un enfant, et va jusqu'à demander « Pardon ! » pour laisser place à de véritablessuppliques maladroites qui dévoilent ces phrases impératives : « Voyons », « Donne », « Laisse-toi faire », et la gradation ; « touche l'épaule », « donne-moi ta main », « embrasse-moi ». Ceci montre la situation de manque du personnage vis à vis de son autre.
Alors, à un bref instant, le rapprochement semble possible, à la fois dans la parole, « Embrasse-moi » et dans la didascalie, « ils...
tracking img