Sans papiers

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  • Publié le : 17 décembre 2010
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Introduction
Depuis les années 1980, les migrations internationales sont entrées dans la mondialisation : dans le monde, on compte au milieu des années 2000 près de 200 millions de personnes ne vivant pas dans leur pays d'origine, soit environ 3 p. 100 de la population totale. Toutes les régions sont concernées, soit par l'émigration, soit parl'immigration, soit par les deux à la fois. La diversification des profils de migrants caractérise tous les flux ; la mobilité des hommes défie les États et les frontières par la force des réseaux transnationaux. Une économie du passage est apparue, à la mesure des contrôles à l'entrée ; la généralisation de la détention de passeports dans des régions du monde où il était difficile de s'en procurera fait émerger un droit à la mobilité, souvent entravé par le développement des visas, la demande d'asile a explosé, du fait de crises politiques, mais aussi économiques, culturelles et environnementales survenues sur tous les continents.
Quelques grands pays d'immigration, qui définissent aujourd'hui leur identité par rapport à celle-ci, comme les États-Unis, le Canada, l'Australie ou laNouvelle-Zélande ont très tôt adopté des politiques d'ouverture et de fermeture des frontières en fonction des besoins du marché du travail et de critères de peuplement. D'autres au contraire, comme les pays européens, qui ne se sont découverts que tardivement comme tels, et appliquent depuis les années 1970 un régime de suspension des migrations de travailleurs salariés, cherchent à sortir de lafermeture pour des raisons économiques et démographiques, tout en hésitant sur les méthodes. Le décalage est donc multiple : entre la réalité des flux qui se poursuivent, de façon lente et continue, notamment vers l'Europe, et le discours sécuritaire sur le contrôle et la lutte contre l'immigration clandestine ; entre l'européanisation des politiques d'immigration et d'asile, devenue objet de politiquecommunautaire, et la disparité des situations et des pratiques dans l'Union européenne ; entre la fermeture affichée et les besoins de main-d'œuvre. Une convergence se dessine toutefois dans les politiques d'immigration, notamment quant à la gestion des flux, malgré la persistance de divergences quant aux philosophies du « vivre ensemble ».
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Les grands pays d'immigration affichent une politique positive de l'immigration qui se traduit par l'ouverture de leurs frontières aux migrations désirées (quotas pour l'immigration familiale, aux États-Unis, ou permis à points pour le travail et l'installation au Canada et en Australie, complétés par un appel au travail saisonnier). Cette politique est aussi marquée parune fermeture aux indésirables (clandestins, boat people). Un peu malgré elle, l'Union européenne, hier zone de départ et de passage est devenue terre d'immigration, recevant davantage de migration familiale et de demandeurs d'asile que le continent américain. Après une période de fermeture à l'immigration des travailleurs salariés, de 1974 à aujourd'hui, elle s'oriente, avec la communautarisationde sa politique d'immigration et d'asile depuis le 1er mai 2004, vers des méthodes qui se rapprochent de celles des pays d'immigration traditionnels. Après avoir pensé inverser les flux par la libéralisation des tarifs douaniers (dialogue euro-méditerranéen de Barcelone en 1995, inspiré de l'accord de libre-échange nord-américain) et substituer le codéveloppement à la migration, l'Europe a prisconscience de la nécessité de l'immigration pour la croissance et de l'image négative que générait une « navigation à vue » dans ce domaine.
Des conventions bilatérales de main-d'œuvre avec les pays du Sud ont été conclues en échange de leur engagement à mieux contrôler leurs frontières. Un discours s'est fait jour sur une migration sélective : beaucoup de ces instruments mis en place par l'Union...
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