Selon-vous, quel est l'intérêt d'intégrer une part de réalisme (terme au sens de "conforme à la réalité" et non au sens de "mouvement littéraire") dans une nouvelle?

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  • Publié le : 6 décembre 2009
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Selon-vous, quel est l'intérêt d'intégrer une part de réalisme (terme au sens de "conforme à la réalité" et non au sens de "mouvement littéraire") dans une nouvelle?

I.    Un reflet de la société :

a)    Identification avec le personnage principal

L’auteur a cherché à favoriser le processus d'identification en intégrant une part de réalisme dans le récit, mais encore il crée unecontenance à cette histoire, contenance partagée par le lecteur. L’immersion du lecteur dans un personnage va lui permettre d'entrer plus aisément dans l'histoire en elle-même. Cette part de réalisme conduit à un partage qui s'effectue entre le monde du lecteur et celui dans lequel les différents actants évoluent. La vraisemblance vise à plonger le lecteur dans un monde qu'il connaît, et donc à favoriserson élan dans la nouvelle, qui repose finalement sur son expérience. Le récit est fondé sur des bases préalablement connues du lecteur et qui permet à ce dernier de pénétrer plus facilement dans la nouvelle. L’auteur explore les marges de la société en intégrant des personnages atypiques qui reflète une part importante de la réalité. Le milieu social des personnages est évoqué de façon indirectepar l’auteur. L’auteur expose fidèlement les comportements des personnages  qui sont des représentations caractéristiques de certaines classes sociales. Grâce à son expérience, le lecteur peut alors immédiatement assimiler les mœurs de ces personnages à un groupe social.  Nous pouvons notamment  voir dans l’Assommoir de Zola les appétits du corps pour l’alcool,  ou la pulsion de vie dans « le Trou» de Maupassant lors Léopold frappe « le petit coutil ». Pour pouvoir mieux représenter les lieux fréquentés par personnages, l’auteur inclut couramment des endroits réels, des petits détails, notamment les références utilisées par les protagonistes, qui contribuent à créer aux yeux des lecteurs l’illusion de la réalité.

b)    Le langage utilisé

L’utilisation d’un langage proche de celui dulecteur ou celle d’un niveau de langage correspondant aux personnages évoqués, donne immédiatement une impression de réalité. L’auteur a recours à un lexique spécialisé, c'est-à-dire qu’il se caractérise par l’emploi d’un langage argotique ou régionale. La syntaxe relâché, avec des constructions incomplètes comme dans « le trou » de Maupassant (« Ici, m’sieu l’Président, il faut que j’entre dans ledétail »), et des images familières, qui sont empruntées à une réalité très concrète et familière (« J’l’ai rendu » d’Annie Saumont, « moi j’aurais horreur de me saper Benetton »), ajoutent à l’effet de vérité du texte. Dans la nouvelle d’Annie Saumont, l’utilisation du verlan et de l’argot est repérable tout au long de la nouvelle («En ville, à l’étalage des noiches qu’ouvrent tous les joursmême le dimanche.) L’argot est tout ensemble un phénomène littéraire et un résultat social. L’argot est la langue de la misère, et dans la nouvelle d’Annie Saumont, elle joue avec cette « langue de la misère », d’en utiliser tous les codes métalinguistiques pour enrichir sa nouvelle.  Annie Saumont utilise une langue littéraire non conventionnelle et expérimente un univers en marge, elle utilise lalangue de cette marge, afin de construire « une œuvre de vérité ». Certains auteurs donnent à leurs personnages leurs langues accoutumées et décident de ne pas adopter un style uniforme ce qui crée de l’exotisme pour les lecteurs et parallèlement reproduit la réalité. La langue du peuple révèle une société humaine possédant sa propre nomination du monde.

II.    Une critique de la société

a)   Dévoiler des faits sociaux banals

Les auteurs révèlent des faits sociaux insignifiants ce qui constituent une part d’exotisme pour les lecteurs. Les auteurs décrivent les différentes manières d’agir, de penser et de sentir extérieur à l’individu et qui sont doués d’un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s’imposent à lui. D’une part, le fait social est extérieur à l’homme, il est...