Seneque, de la vie heureuse chap8

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  • Publié le : 2 janvier 2011
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VIII. Quid, quod tam bonis, quam malis, voluptas inest, nec minus turpes dedecus suum, quam honestos egregia delectant. Ideoque præceperunt veteres, optimam sequi vitam, non jucundissimam : ut rectæ ac bonæ voluntatis non dux, sed comes voluptas sit. Natura enim duce utendum est : hanc et souillée des drogues de la toilette. Le souverain bien est impérissable : il ne sort pas du cœur où il règne,il n'a ni satiété, ni repentir. Car une conscience droite ne dévie jamais, n'est jamais odieuse à elle-même, et ne change jamais rien à sa ligne de conduite, parce que toujours elle suit la meilleure. La volupté, au contraire, s'éteint au moment même où son charme est le plus puissant. Son domaine est limité ; aussi le remplit-elle promptement ; le dégoût arrive, et dès qu'elle a pris son essor,elle languit. Une chose dont le mouvement est l'essence, n'a jamais de fixité, et ce qui ne vient que pour passer rapidement et périr en se réalisant, n'a même rien du positif : venir et cesser d'être ne font qu'un seul moment, et le commencement touche à la fin.
VIII. N'est-il pas vrai aussi que le plaisir est commun aux bons et aux méchants ? L'homme dépravé trouve dans son infamie des plaisirsnon moins intenses que l'honnête homme dans sa belle conduite. C'est pour cela que les anciens prescrivent d'avoir pour but, non pas une vie agréable, mais une vie honnête : de telle sorte que le plaisir soit pour la volonté droite et bonne, non pas un principe directeur, mais un accompagnement. La nature, en effet, est le guide qu'il faut et pollutam medicamentis. Summum bonum est immortale,nescit exire ; habet nec satietatem nec pœnitentiam ; nunquam enim mens recta vertitur, nec odio est sibi ; nec mutavit quidquam, quia semper secuta est optima : at voluptas exstinguitur tunc, quum delectat maxime. Nec habet multum loci ; itaque implet cito, et est tædio, et marcet post primum impetum. Nec id cujus natura est in motu est unquam certum. Ita ulla substantia ejus quod venit celerrimetransitu, periturum in usu ipso sui, ne potest quidem esse. Pervenit enim eo ubi desinat : et dum incipit, spectat ad finem.
VIII. Quid quod voluptas inest tam malis quam bonis ? et suum dedecus non minus turpes, quam egregia delectant honestos. Ideoque veteres præceperunt sequi vitam optimam, non jucundissimam : ut voluptas sit non dux, sed comes voluntatis rectæ ac bonæ. Utendum est enim ducenatura : ratio observat hanc, et souillée par des drogues. Le souverain bien est immortel, il ne sait-pas s'en aller ; il n'admet ni satiété ni repentir ; jamais en effet l'esprit droit n'est tourné, ni n'est à haine à lui-même ; et il n'a rien changé, parce que toujours il a suivi le meilleur parti : mais la volupté s'éteint alors que elle charme le plus. Et elle ne possède pas beaucoup de place ;aussi la remplit-elle vite ; et elle est à ennui, et se-flétrit après le premier essor. Ni cette chose dont l'essence consiste dans le mouvement n'est jamais fixe. Ainsi quelque réalité d'une chose qui vient très rapidement en passant, devant périr dans l'acte même d'elle, ne peut pas même être. Elle arrive en effet au terme où elle doit-cesser : et pendant qu'elle commence, elle regarde vers safin.
VIII. Que dire de ce que la volupté se trouve autant chez les méchants que chez les bons ? et que leur infamie ne charme pas moins les infâmes, que les actions nobles ne charment les honnêtes gens. Et pour-cela les anciens prescrivirent de suivre la vie la meilleure, non la plus agréable : de telle sorte que la volupté soit non le guide, mais la compagne de la volonté droite et bonne. Il fauten effet user pour guide de la nature : la raison observe celle-ci, 28 ratio observat, hanc consulit. Idem est ergo beate vivere, et secundum naturam. Hoc quid sit, jam aperiam : si corporis dotes et apta naturæ conservabimus diligenter et impavide, tanquam in diem data et fugacia ; si non subierimus eorum servitutem, nec nos aliena possederint ; si corpori grata et adventitia eo nobis loco...
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