Sentier lumineux

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Mai 2009

Guérilla idéologique, ou cartel déguisé ?
Serge Leteur 1

“Sentier Lumineux” : le grand retour

• De juillet 2003 à février 2009 on attribue au Sentier Lumineux 21 embuscades ayant coûté la vie à 23 policiers, 35 militaires et une dizaine de civils.
Clin d’œil de l’histoire : alors qu’à Lima, l’ex-président Alberto Fujimori était condamné à 25 ans de prison, dans la junglepéruvienne, la guérilla maoïste du Sentier Lumineux (S.L.) conduisait sa plus sanglante embuscade depuis la fin des « opérations militaires », tuant un capitaine et treize sous-officiers et soldats. Au terme d’un procès marathon, Fujimori, a été jugé complice des deux massacres de Barrios Altos et La Cantuta commis par le groupe Colina, commando crée par l’Armée péruvienne pour lutter contre le SentierLumineux. Or ce n’est pas cette unité, véritable escadron de la mort, qui porta un coup fatal aux « senderistes » mais les policiers du « Grupo Especial de Inteligencia ». Ce sont en effet les hommes du colonel de Police Benedicto Juarez Baca qui, en septembre 1992 capturèrent Abimael Guzman Reynoso, alias « Presidente Guzman » ou « Camarade Gonzalo » créateur, idéologue et commandant du SentierLumineux.

1

Commissaire divisionnaire honoraire, Serge Leteur a été attaché de sécurité intérieure à Buenos Aires et Lima. Avant cela, il a été chef des Brigades de Recherche et d’Intervention de Lyon et de Nice et professeur à l’Ecole nationale Supérieure de Police.

2 Une longue histoire Le « Parti Communiste Péruvien Marxiste Léniniste - Sentier Lumineux » est né en 1968 à Ayacucho(dans le centre du Pérou) où Guzman enseignait la philosophie à l’Université. Il provient d’une scission du Parti Communiste péruvien (PCP) pro soviétique, et tire son nom de la phrase attribuée à José Martitegui, chef du PCP, qui voyait dans le marxisme-léninisme « le sentier lumineux/la voie lumineuse vers la révolution ». En 1980, les premières actions violentes du S.L. furent symboliques, mais aufil des mois le mouvement entama des « actions militaires », avant de déclencher une « guerre populaire » qui, selon la doctrine maoïste, visait à l’encerclement des villes par les campagnes. Loin de vouloir gagner les « cœurs et les esprits » des populations, le S. L. s’est caractérisé par son extrême violence. Conduit par Guzman, il est arrivé à mener des campagnes de terrorisme urbain,commettant de sanglants attentats au cœur même de Lima, la capitale péruvienne. Face à cette menace pour l’Etat péruvien, les successifs gouvernements des présidents Belaunde Terry et Alan Garcia confièrent aux Forces Armées la direction de la lutte anti-terroriste. L’armée répondit aux atrocités du S.L. par d’analogues excès : torture, disparitions, massacres, cela sans réel résultat. Ce n’est qu’avecl’arrivée au pouvoir de Fujimori, et la déclaration de l’état d’urgence le 5 avril 1991, que la lutte contre le S.L. prit un tour nouveau. Au terme d’un patient travail de surveillance, des policiers réussissaient, le 12 septembre 1992, à interpeller Guzman et l’essentiel de son Comité Central. Après des mois de discussions avec Vladimiro Montesinos, conseiller de Fujimori, Guzman accepta en 1993 designer un « accord de paix » marquant la fin des « actions militaires ». Même si, par la suite, des éléments du S.L. refusant de reconnaître cet « accord de paix » continuèrent leurs actions violentes, le groupe maoïste était durement touché et l’on s’accorde à reconnaître que la subversion prit fin en 2000. Le bilan de ce qui fut en fait une guerre civile fut une tragédie pour le Pérou, laCommission pour la Vérité et la Réconciliation estimant à 70.000 les morts ou disparus, dont plus de la moitié imputable au S.L. Quant au coût financier, il aurait été de l’ordre de 60 milliards de dollars. Une répression constamment dure Il est singulier que Fujimori - qui mit fin à la subversion - soit le seul responsable politique jugé pour les excès de la lutte antiterroriste. En 1982, devant...
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