Si dieu n'existe pas, tout est permis

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  • Publié le : 17 mars 2013
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51 Notions abordées : loi morale, transcendance, désordre

Sujet 1
« Mais qu’est-ce que c’est, je lui demande, l’homme, après ça ? Sans Dieu, je veux dire, et sans vie future ? Parce donc, alors, maintenant, tout est permis, on peut tout faire ? demande Dimitri Karamazov, accusé de parricide. » En illustrant votre analyse avec les œuvres au programme, vous vous demanderez si l’on peut affirmer,comme Dimitri Karamazov dans Les Frères Karamazov (1880) de Dostoïevski, que, si Dieu n’existe pas, tout est permis. Corrigé proposé par Natalia Leclerc

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Analyse du sujet
Analyse des termes du sujet

La formule « Si Dieu n’existe pas, tout est permis » est très célèbre mais, à aucun endroit de l’œuvre de Dostoïevski, elle n’apparaît ainsi. L’idée revient à plusieurs reprises, dansdes dialogues des Frères Karamazov en particulier, roman construit autour d’un parricide, mais la tradition a figé la formule « Si Dieu n’existe pas, tout est permis », et c’est elle que le sujet invite à traiter. Le sujet fournit un des extraits où l’idée apparaît, et nous pouvons aussi nous en inspirer pour comprendre la formule. Cette phrase, très brève, présente des enjeux fondamentaux. Elle a laforme d’un raisonnement logique, composé d’une hypothèse et d’un effet. On ne sait pas si Dieu existe ou non, telle n’est pas la question. Mais si ce n’est pas le cas, la conséquence est que « tout est permis ». Derrière la proposition « tout est permis », qui ne comporte aucun terme technique, se cache une réalité terrible, puisqu’elle signifie qu’il n’y a aucune limite à aucun comportement. Iln’est pas nécessaire d’être grand connaisseur de l’âme humaine ni très pessimiste pour se douter que, si tout est permis, c’est la porte ouverte au mal. Dans l’hypothèse proposée, sans Dieu, les hommes se croiraient autorisés à tout faire, y compris ce qui est habituellement interdit. Aucune sanction ne les menacerait. Enfin, il est indispensable de prendre en compte un paramètre qui évite de réduirele sujet à la question de l’existence de Dieu, ou à un traitement religieux. Si l’auteur emploie le terme de « Dieu », la phrase doit être comprise dans un sens

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PARTIE I – ORIGINES ET DÉFINITIONS DU MAL

large : « Si Dieu n’existe pas » ou « s’il n’y a aucune règle transcendante, qui dépasse l’homme et s’impose à lui ». Dieu renvoie à une morale extérieure à l’homme. Les œuvres duprogramme seraient de toutes façons difficiles à traiter dans une perspective restreinte à la religion.

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Confrontation aux œuvres

Dans Macbeth, Shakespeare ne fait pas intervenir de dimension religieuse au sens des religions révélées. En revanche, il y est question de plusieurs sphères transcendantes : le domaine surnaturel (les sorcières, Hécate), la soumission à des principes moraux clairs(et les personnages peuvent à première vue être séparés entre les représentants du bien et ceux du mal), ou encore des principes sacrés, tels que le droit d’hospitalité ou encore l’honneur. Les personnages évoluent dans un univers doté de repères moraux, qui s’effondrent avec les manœuvres du couple Macbeth. Tout devient alors permis, et surtout le pire, jusqu’à ce que l’ordre soit rétabli. LesÂmes fortes présentent une situation plus retorse, puisque l’univers dans lequel évoluent les personnages intègre en apparence la religion, ou du moins la tradition religieuse (l’action se passe dans la campagne française du début du siècle dernier), alors que derrière cette façade se trament les manœuvres les plus perverses des « âmes fortes ». Si Thérèse est une manipulatrice hors pair, Mme Numancela concurrence sur le terrain du mal : ses œuvres de bonté et de charité sont motivées par une jouissance qui est en partie celle du mal. Chez Rousseau, la dimension religieuse est importante, mais n’exclut pas, loin de là, l’élargissement du traitement du sujet. Dieu n’est pas responsable du mal, dont le seul auteur est l’homme, et en particulier l’homme à l’état civil. Que Dieu existe ou...
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