Sida

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  • Publié le : 14 décembre 2010
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Le coût économique et social du sida L'Afrique australe est particulièrement touchée dans sa croissance économique Par Belinda Beresford, Johannesburg En Afrique australe, comme partout ailleurs sur le continent africain, l'épidémie de sida n'est pas seulement une crise sanitaire. C'est également "une grande menace qui pèse sur le développement et la société humaine", pour reprendre les termesqu'a employés Peter Piot, le Directeur général du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), lors d'une conférence organisée en avril dernier à Nairobi. La maladie ne s'en prend pas seulement aux générations actuelles ; elle met également en péril l'avenir, en fragilisant les économies et les sociétés africaines, souvent de façon insidieuse. Le VIH/sida détruit les sociétés encommençant par s'en prendre aux éléments de base de la société : les femmes et les soutiens de famille. En adoptant une approche restrictive, certains ont prétendu que le sida n'aurait probablement pas de graves répercussions économiques à l'échelle nationale, les malades étant, dans leur très grande majorité, pauvres et non qualifiés et ne jouant donc qu'un rôle économique minime. Cette approchene tient compte ni de la dimension humaine de la maladie, ni des aspects sociaux et économiques plus généraux du développement. Elle fait également abstraction des nombreuses répercussions du sida qui se manifestent déjà de façon insidieuse dans des secteurs importants des pays les plus durement touchés par l'épidémie. Lors d'une conférence internationale sur le sida organisée l'an dernier enAfrique du Sud, Jeffrey Sachs, économiste d'Harvard, a fait remarquer que le VIH/sida détruit les sociétés de la même façon qu'il détruit le corps humain : il commence par s'en prendre aux éléments de base de la société, les femmes et les soutiens de famille qui font vivre et protègent l'ensemble de la communauté. Mais si à terme, le sida compromet la croissance économique et nuit au développement,c'est surtout au niveau "cellulaire", c'est-à-dire dans les foyers africains, que ses effets se font d'abord sentir. De toutes les régions d'Afrique, c'est l'Afrique australe qui a les taux de séropositivité les plus élevés (voir carte). En Afrique du Sud et au Botswana, la probabilité de mourir du sida est de 50 % chez les jeunes de 15 ans. D'après les prévisions effectuées l'an dernier par leCensus Bureau des Etats-Unis, le Botswana, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud connaîtront à cause du sida un taux d'accroissement négatif de la population. Des progrès difficilement acquis, concernant par exemple l'espérance de vie, l'éducation et l'alphabétisation, s'estompent. Au Botswana, le VIH devrait d'après les estimations réduire de moitié l'espérance de vie à la naissance. L'Afrique du Sud, quel'on considérait auparavant comme la locomotive économique de la région, aurait, de tous les pays du monde, le pourcentage le plus élevé de séropositifs : une personne sur neuf, d'après les estimations. La propagation du virus ne devrait atteindre son paroxysme que dans cinq ans, lorsque le nombre de séropositifs passerait de 5,2 à 8,2 millions, soit près de 17 % de la population. Ces projections,bien sûr, ne tiennent pas compte d'éventuels progrès médicaux ou de modifications des comportements de la population, qui pourraient ralentir la progression de la maladie. Dans les familles, les coûts directs du VIH/sida se mesurent par la perte de revenus des personnes qui sont mortes ou qui ont perdu leur emploi à cause de la maladie. L'épargne des ménages s'épuise, les dépenses autres que lessoins de santé et les obsèques diminuent et les modes de consommation se modifient à mesure que les familles s'efforcent de prendre en charge les malades et les mourants. M. Robert Greener, de l'Institut d'analyse politique du Botswana, a expliqué à Afrique Relance que si les recettes publiques provenant de l'industrie du diamant avaient été relativement épargnées par la crise du sida, les...
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