Société et communautarisme

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  • Publié le : 11 août 2009
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Société et communautarisme.
I - Réflexions sur le sujet
A) Ses termes
Paul Valéry parlait des mots “chargés de plus de valeur ( force, pouvoir émotionnel ) que de
sens”. Il voulait dire non pas que ces mots n’ont pas de sens mais que celui-ci n’est pas parfaitement
évident et demande à être regardé de près ; c’est le cas du terme communautarisme et de celui de
communauté dont il procède ;pour simplifier, on peut dire que la communautarisme est une
approche le plus souvent considérée aujourd’hui, en tout cas en France, comme négative d’une
réalité positive : l’existence de groupes d’individus qualifiés de communautés.
- Communauté
Ce terme est utilisé pour qualifier les groupes humains les plus divers : les membres d’un
couvent, les personnes originaires de telle ou tellerégion ou pays (la communauté auvergnate ou
bretonne de Paris, la communauté algérienne ou turque en France), les croyants des diverses
confessions, les travailleurs de telle ou telle corporation (la communauté des gens du spectacle) ou
de tel ou tel milieu de travail et de vie (la communauté éducative, universitaire); le plus souvent, le
terme qualifie un groupe infra national (il est alorspratiquement synonyme de minorité) mais il
désigne aussi des entités supra nationales : avant d’être une Union, l’Europe politique d’aujourd’hui
a été une communauté du charbon et de l’acier, puis une communauté économique européenne (la
CEE) ; on parle aussi de la communauté internationale, expression qui se substitue le plus souvent à
celle, plus traditionnelle, de “concert des nations ; et le motsert aussi à définir l’Etat-nation (la
communauté nationale)
Il ajoute au mot groupe une connotation plutôt émotionnelle d’appartenance, d’identité, voire
de solidarité ; il se définit contre la standardisation, l’abstraction (ceci dit, pour se sentir et se dire
Français, le vocabulaire traditionnel- France, nation, patrie - convient aussi bien et peut-être
mieux).
Il ne s’agit donc pas d’un“objet non identifié” ; mais il demeure que son identification n’est
pas aisée :
- sauf à vivre absolument en vase clos, l’individu n’est pas enfermé dans une seule
communauté ; il possède plusieurs appartenances, même s’il en privilégie une, en permanence ou à
l’occasion : l’Auvergnat, le Breton de Paris se reconnaissent aussi dans d’autres groupes, culturels,
professionnels, politiquesqu’ils qualifient aussi parfois de communautés ; le moine le plus
strictement cloîtré dans sa communauté se déplace pour voter, affirmant par là son appartenance à la
communauté locale et nationale.
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- les contours d’une communauté sont rarement bien définis : un habitant de la capitale
dont la famille y vit depuis plusieurs générations pourra se dire Auvergnat ou Breton de Paris, alors
qu’unautre qui vient de s’y installer n’invoquera pas cette appartenance ; si l’on souhaite mesurer
l’importance d’une communauté originaire de telle ou telle région ou de tel ou tel pays, quels
critères prendra-t-on en compte ? Le lieu de naissance , celui des parents , des grands-parents ? (ou
de l’un de ceux-ci ?) ; la maîtrise effective d’une langue régionale ou étrangère ? L’apparence
physique ?La question se pose aussi s’agissant de l’appartenance à une communauté à caractère
confessionnel (les niveaux de pratique sont très divers, ce qui autorise à relativiser les chiffres
avancés ) ou sexuel (tous les homosexuels ne se considèrent pas comme appartenant de ce seul fait
à une communauté ainsi dénommée, estimant qu’il s’agit là d’une affaire strictement privée).
- les liens entreles membres d’un groupe qualifié de communauté et le degré de
structuration de celui-ci sont très divers : les associations et les porte-parole qui s’expriment en leur
nom dans les medias et auprès des pouvoirs publics sont souvent loin de les représenter au sens où
on l’entend en démocratie (recensement des mandants, élection des mandataires sur la base d’un
corps électoral correspondant à...