Socio

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  • Publié le : 8 mai 2011
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qu’aujourd’hui
encore la réintégration dans la nationalité pose problème
pour des Algériens qui, pourtant, s’éloignent des représentations
sociales de l’ «immigré». Si certains d’entre euxconçoivent l’opération
de naturalisation comme un acte anodin et purement instrumental,
pour d’autres, elle continue de recouvrer une dimension symbolique
qui dépasse la dimension strictement juridique dela démarche.
Le poids de la relation franco-algérienne transparaît aussi dans la
signification attribuée par les enquêtés au statut de réfugié. Le faible
recours au statut de réfugié politique parles Algériens en France ne
s’explique pas seulement par sa difficile obtention ou par l’interdiction
de retourner en Algérie qu’il implique. Il s’explique aussi par la
crainte des enquêtés de sevoir accoler l’accusation de l’appartenance
«au parti de la France». Rémy Leveau évoque à ce propos le «paradoxe
d’absence d’exilés politiques maghrébins en France»17. L’auteur explique la
faiblessedes demandes par le poids de l’histoire commune des deux
pays, plus particulièrement par le souvenir encore fort sensible de la
guerre d’Algérie. Le statut de réfugié contribuerait à parachever larupture avec l’Algérie et «à se placer dans l’imaginaire sur le même plan
que les Harkis qui combattaient au côté des Français dans la guerre»18. Au
Québec, le statut de réfugié, plus facile àobtenir, n’implique pas le
même investissement identitaire. Au contraire, il peut à la fois légitimer
la place dans la société d’installation en induisant que le départ
s'est fait sous l'effet de lacontrainte et justifier la situation de précarité
dans laquelle certains enquêtés se trouvent.
Le regard croisé sur l’exil des Algériens en France et au Québec
montre que les catégories juridiques etsociales qui désignent les
migrations ne sont pas sans effets sur le sens que donnent les exilés à
CONFLUENCES Méditerranée - N° 39 AUTOMNE 2001
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«Exilés» ou «immigrés» ?
leur propre...
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