Sociolinguistique

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  • Publié le : 24 mai 2011
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F.L.S.H. Ben M’sik – D.L.L.F - Filière : Etudes Françaises –
Matière : SOCIOLINGUISTIQUE – Enseignant : M. OUASMI - Niveau : S6 – A.U : 2010/2011

Langue et variation sexuelle

Le mot sexe désigne un phénomène biologique qui constitue un facteur de différenciation sociale entre individus. Cette différenciation se situe au niveau des rôles et statuts sociaux, du pouvoir économique etpolitique et des clivages sociaux aussi. En sociolinguistique, le terme sexe renvoie à genre.

La variation sexuelle se traduit au moyen de la langue. Il est vrai que, de manière générale, les différences entre l’homme et la femme se situent au niveau de la hauteur et de la fréquence de la voix, mais il y a aussi des différences au niveau de l’usage de la langue, des mots et des expressions.Dans certaines sociétés, il y a des mots et des expressions limités aux hommes et interdites aux femmes. Dans d’autres sociétés, les femmes peuvent parler comme les hommes.

Des études ont montré qu’il n’y a pas des différences neurologiques entre les aptitudes verbales des garçons et des filles, et que seul un conditionnement social s’effectue très tôt et peut contribuer à l’apparitionde différences quant à l’usage de la langue.

Bourdieu (1998) a affirmé que la différence entre l’homme et la femme crée une inégalité qui s’opère au désavantage des femmes. Néanmoins, les choses ont tendance à changer ces dernières années avec les mouvements féministes et les nouvelles lois et législations (voir le cas du Maroc par exemple).

De manière générale, les femmesentretiennent un langage doux, tendre, et les hommes un langage cru, laconique, qui manque de douceur. Les femmes ont tendance à parler plus que les hommes. Et quand il s’agit d’utiliser des mots grossiers et vulgaires, les hommes l’emportent par rapport aux femmes.

Nous présentons quelques exemples qui traduisent la variation sexuelle :

- En anglais, le suffixe -ing est plus souvent réalisé[in] par les hommes et [ing] par les femmes.

- En franco-québécois de Montréal, les femmes prononcent plus souvent les liquides /l/ dans les pronoms "il" et "elle".

- En espagnol, dans les propositions introduites par si, les hommes utilisent plus souvent que les femmes le conditionnel alors que les femmes préfèrent utiliser la forme normée, à savoir l’imparfait du subjonctif.- Au Maroc, les femmes ont tendance, plus que les hommes, à utiliser la diminution.

De manière générale, les femmes respectent plus que les hommes la norme. On estime aussi que les femmes et les hommes de milieux défavorisés respectent moins les formes normées que les hommes et les femmes appartenant à des milieux favorisés.

On a observé aussi que lorsqu’un changement linguistiquevoit le jour, les femmes l’adoptent plus que les hommes.

Il arrive aussi que dans certains milieux, tel le milieu de la prostitution, les femmes adoptent un langage masculin, cru et austère qui constitue pour elles une sorte de protection et de défense. Parler le langage des hommes c’est se placer sur leur territoire et entrer dans un marché d’échanges qui assure l’équilibre, l’égalité etl’assurance.

Références bibliographiques

Bourdieu, P. (1998). La domination masculine. Paris, Seuil.

F.L.S.H. Ben M’sik – D.L.L.F - Filière : Etudes Françaises –
Matière : SOCIOLINGUISTIQUE – Enseignant : M. OUASMI - Niveau : S6 – A.U : 2010/2011

Sociolinguistique urbaine : Le langage des jeunes

Ces dernières années, la sociolinguistique, surtout française, s’est particulièrementintéressée aux phénomènes langagiers observés dans les milieux urbains. Certains chercheurs ont désigné la sociolinguistique comme étant urbaine, d’où l’appellation sociolinguistique des villes. D’autres chercheurs ont contesté l’usage de ce terme et ont préféré se contenter du mot sociolinguistique.

Il faut dire que la ville a toujours été présente dans les enquêtes menées par les...
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