Sociologie africaine

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 15 (3708 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 14 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Analyse sociologique approfondie de la société africaine postcoloniale

Il est indispensable de commencer par exposer les éléments fondamentaux d’une théorie générale de la société, pour bien comprendre, dans quelles circonstances, une société particulière peut en apparence paradoxalement en arriver à démériter de la qualité de société

Analyse sociologique approfondie de la société africainepostcoloniale

Sur le plan sociologique, la société africaine postcoloniale nous apparaît comme une réalité sociale dépourvue de qualités systématiques.

Elle ne semble avoir de structure, ni au niveau apparent, où elle est vécue au moins partiellement par les membres d’une société, ni au niveau inconscient où elle tient lieu de « ciment » de la réalité sociale. Il s’agit bien donc d’unesociété malade. C’est ce caractère pathologique, que tous les observateurs, n’ont cessé de rendre compte sans en tirer toutes les conséquences, à travers la violence endémique qui y sévit et qui traduit l’absence d’une fonction d’intégration sociale, l’inefficacité politique, qui souligne le défaut d’une capacité à poursuivre les buts, la pauvreté et la misère qui traduisent l’absence d’une fonctiond’adaptation à son environnement, ou encore l’incertitude qui pèse sur ses membres et qui nous renseigne sur un manque de visibilité normative et qui rend compte de la défaillance de la fonction de stabilité normative. Nous sommes confrontés enfin de compte à une société où il y’a dysfonctionnement du système social, et où la fonction cybernétique est en panne. Nous allons montrer que cela nous ramèneà la l’affirmation du constat que nous avons déjà fait maintes fois que la société postcoloniale était une société malade [1].

Mais pour bien mesurer la portée d’une telle assertion, il est indispensable de commencer par exposer les éléments fondamentaux d’une théorie générale de la société, pour bien comprendre, dans quelles circonstances, une société particulière peut en apparenceparadoxalement en arriver à démériter de la qualité de société.
I-THÉORIE GÉNÉRALE DE LA SOCIÉTÉ

Pour être capable de fonctionner, toute société humaine doit posséder des propriétés systématiques qui impliquent le postulat du système social. Celui-ci signifie qu’on attribue à la réalité étudiée les propriétés suivantes [2] :

a)-elle est constituée d’éléments ayant entre eux des rapportsd’interdépendance.

b)-la totalité formée par l’ensemble des éléments n’est pas réductible à la somme de ces éléments.

c)-les rapports d’interdépendance entre éléments, et la totalité qui en résulte, sont régis par des règles qui peuvent s’exprimer en termes logiques.

Les traditions classificatoires et analytiques, en anthropologie comme en sociologie, sont toutes fondées sur ce postulat d’une cohérencesystémique de la réalité sociale. Du reste, un tel postulat ne se limite pas seulement à l’analyse de la réalité sociale, on y voit le fondement théorique de toute la science moderne, dont l’activité aboutit à la conceptualisation de toute la nature. Or, qu’est ce qu’un concept, sinon un système de rapports ? Que le même modèle de système ne soit pas applicable à tous les niveaux de la réalité estune question que nous pouvons laisser ici de côté à toutes fins utiles.

Talcoott PARSONS affirme ainsi, que pour lui le concept de système est « un concept vital pour toute science…Le concept de système n’est essentiellement rien d’autre que l’application du critère de l’intégration logique des propositions générales [3]

Or, nous ne trouvons guère ce caractère systématique dans la réalitésociale postcoloniale, à cause précisément du chaos qui y règne de façon permanente, la misère, la pauvreté et l’incertitude qu’elle provoque. Il y a encore l’instabilité politique, qui engendre une dévolution chaotique du pouvoir, empêchant ainsi la mise en œuvre du double processus d’institutionnalisation et de sécularisation indispensable au développement politique. Enfin, il faut évoquer...
tracking img