Sociologie de la jeunesse

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  • Publié le : 9 octobre 2010
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Dans son ouvrage, Sociologie de la jeunesse, Olivier Galland aborde les différentes définitions qu’a pu revêtir la jeunesse (passant d’une catégorie complètement ignorée à une catégorie sociale et culturelle), et il s’attache à examiner les conditions sociales du passage de l’adolescence à l’âge adulte. En s’appuyant tour à tour sur des approches psychologiques, historiques, anthropologiques etsurtout sociologiques, l’auteur démontre que la jeunesse est avant tout un passage dont les frontières et la définition ont évolué au cours du temps, et qu’elle varie en fonction des sociétés considérées.

Tout d’abord, l’auteur explique comment la jeunesse était avant, et comment elle a évolué au cours des siècles.
Sous l’Ancien régime (XVI au XVIIIe), l’individu passant directement du statutd’enfant au statut d’adulte, la jeunesse n’était pas reconnue comme un âge particulier. Elle sera tenu longtemps dans un mépris certain, qualifiée d’ « étourderie, vivacité, folie, débauche » . Le retrait du père conditionnait l’indépendance du fils, cette dépendance père/fils pouvait alors durer très longtemps. Leur rapport était fondé sur une autorité paternelle privant toute familiarité etprivilégiant une éducation domestique marquée par une mise au travail précoce.
Ce n’est qu’à partir de la fin du XVIIe que voit s’amorcer un renouveau de la tendance familiale, qui contribuera à l’élaboration de la forme moderne de la jeunesse : l’enfant doit devenir un être à éduquer et le père, un nouveau pédagogue participant à cette éducation, c’est « l’âge d’apprendre » .La jeunesse commence àêtre appréhendée comme une force de progrès, on lui reconnaît alors des qualités d’innovation et d’exécution. Ce sont les prémisses d’une préparation à la condition adulte qui vont passer par l’accomplissement d’un idéal personnel.
Le XIXe siècle sera un siècle paradoxal pour la jeunesse, marqué d’un côté, par la consécration juvénile à éduquer (ses valeurs intimes), et de l’autre, par la mise enplace d’un encadrement moral et institutionnel réduisant les aires de liberté. La jeunesse est considérée comme un personnage collectif dans lequel la société investit ses craintes et ses espoirs. Avec le progrès de l’individualisme, beaucoup craignent ses effets sur les relations familiales, il faut donc contrôler cette nouvelle émancipation afin d’éviter tout débordement. Face à cela, desactions et des structures d’encadrement vont être mises en place pour régénérer le milieu par une action préventive. Bien que cette période soit marquée par une volonté de prise en compte de la jeunesse, elle semble laisser moins de liberté que la période précédente.
Début XXe, à cette jeunesse révoltée ou désespérée, s’est substituée une jeunesse faite de sentimentalisme et d’intériorité. Désormaiscette jeunesse est poussée par un rêve intérieur fait d’idéalisme, mais conscients que ces rêves ne peuvent être réalisés, les adolescents, incapables de s’adapter au monde réel, vont se réfugier dans un sentiment de frustration, d’insatisfaction et de mélancolie. La psychologie va tenter d’analyser ces comportements en s’appuyant sur des connaissances scientifiques, et ainsi tenter d’introduirede nouvelles façons de penser la jeunesse. A la suite de S.Hall, fondateur américain de la psychologie adolescente, c’est Pierre Mendousse le 1er psychologue français à s’intéresser à l’adolescence. L’adolescence est conçue comme une « seconde naissance » et comme une période marquée par cet age de crise et de réorganisation de la personnalité. C’est la dualité entre les premières pulsionssexuelles et leurs inaccomplissements, mais aussi cette recherche de l’idéal qui vont faire entrer l’adolescent dans cette période de fragilité. Dès lors, la jeunesse est vue comme un processus (de maturation psychologique et sexuelle) et non plus comme une catégorie.
Seconde moitié du XXe, la jeunesse va devenir un processus de socialisation. La sociologie s’attache à étudier les conditions sociales...
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