Sociologie des organisations

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 62 (15304 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 10 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
INTRODUCTION
La sociologie des organisations est un domaine bien institutionnalisé, comme en témoigne la présence de très nombreux manuels .
Cette branche de la sociologie vise à étudier les organisations (groupements formels, entreprises, associations,…) à travers les relations entre les acteurs qui les composent et les dynamiques organisationnelles. Elle a connu un développement rapide enFrance au cours des années 70 avec des travaux majeurs comme ceux de Jean-Daniel Reynaud, Renaud Sainsaulieu, Michel Crozier, etc.
La sociologie des organisations s'intéresse aux entités particulières que sont les organisations – définies comme un ensemble de personnes, de dispositifs techniques et de pratiques sociales en interaction - et applique des méthodes sociologiques à leur description.Elle étudie par exemple comment les acteurs construisent et coordonnent des activités organisées, l'identité au travail, la culture d'entreprise, l'histoire des formes d'organisation et la genèse des règles qui les régissent. On parle également de théorie des organisations, voire de sciences des organisations pour désigner l'ensemble des disciplines concernées (la sociologie, mais aussi l'économie,la gestion, les sciences politiques etc.). Dans le cadre d'un internet qui devient "massivement relationnel" elle s'intéresse à l'étude des réseaux sociaux et aux questions de l'identité numérique ou des identités numériques…
Il s’agira de donner des « coups de projecteur » sur quelques notions essentielles que l’on rencontre souvent dans ce domaine d’analyse, comme la « rationalité », la «bureaucratie », l’« organisation », la « stratégie », le « pouvoir », le « jeu »...
Nous proposons, en première approximation, de définir l’organisation comme une manière collective d’atteindre un objectif déterminé. L’organisation apparaît ainsi comme une coopération et/ou une subordination finalisée(s). Cette première définition vise d’abord, au travers des notions de « coopération » et de «subordination », à pointer les solidarités mais aussi les symétries et les asymétries sociales qui sont inhérentes au fait organisationnel, et sur lesquelles il nous faudra réfléchir. Cette première définition vise ensuite, comme le montre l’accent mis sur la « finalité » des actions organisationnelles, à éviter que l’on oublie que toute organisation poursuit, en général, un ou des objectifsparticuliers : rendre un service public (administration), produire et vendre des automobiles (entreprise), rassembler et orienter des fidèles (église), etc. Cela ne veut pas dire, bien sûr, qu’une organisation ne puisse pas perdre ses buts originels, ou qu’à l’origine l’ « être ensemble » n’ait pas été le seul but de l’organisation (il en est ainsi, par exemple, de nombreuses « associations »). Mais dans lamajorité des cas, l’organisation répond à un impératif fonctionnel. Cette dernière caractéristique pose une double question : celle de la rationalité des comportements, et du sens de cette rationalité ; celle de l’articulation des comportements individuels et de la rationalité de l’organisation et donc du « mode de gouvernement » de l’action organisée. Je propose de répondre à cette doublequestion en trois temps :
1) Le premier temps consistera à revenir à la sociologie de Max Weber. Ce dernier est à l’origine de la sociologie industrielle (aux États-Unis) et de la sociologie des organisations (en France). Son œuvre nous intéresse parce qu’elle donne des définitions très précises de la rationalité, de la domination, de la légitimité, et de leurs différentes formes, c’est-à-dire une «boîte à outil » à laquelle se réfèrent toujours tous ceux qui cherchent à comprendre le fait organisationnel.
2) Le second temps — qui servira de simple transition — consistera à introduire certains prolongements de la sociologie weberienne tel le concept de rationalité limitée. Nous verrons que l’avènement de ce type de prolongements tient autant à l’évolution des formes d’organisation, au...
tracking img