Sociologie: en quoi peut-on dire que le tout-économique n'a jamais fondé une société

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  • Publié le : 24 janvier 2010
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En quoi peut-on dire que le « tout économique » n’a jamais fondé, ni régulé une société ?

C’est un fait, l’économie classique a énormément inspiré les politiques d’hier et d’aujourd’hui. À en croire les théories de ses grands auteurs, le libre jeu des intérêts individuels suffit à fonder et à réguler une société. En effet, avec son concept de la « main invisible », Adam SMITH, l’un des pèresfondateurs du libéralisme, préconise une intervention de l’État aussi limitée que possible, et évoque ainsi une société régie par le « tout économique », c’est-à-dire une société qui s’autorégule naturellement par les marchés. Cependant, de telles théories peuvent devenir bien utopiques confrontées à une réalité aussicomplexe qu’est la société. A-t-on vraiment dans l’économie de marché les réponses à toutes les questions sociétales ? C’est ce qui nous amène, dans un développement argumenté, à nous interroger sur les limites du « tout économique ». Nous mettrons doncl’accent, sur les contradictions entre les revendications des révolutionnaires de 1789 et la réponse apportée par les libéraux ; pour poursuivre en nous appuyant sur les réalités historiques de l’échec du « tout économique » depuis le milieu du XIXe siècle, jusqu’aujourd’hui.

I la mise en place d’une démocratie libérale au XIXème : une réponse mal adaptée aux aspirations des révolutionnaires de 1789.A) Les attentes de la Révolution Française : une société démocratique.
La Révolution Française de 1789 tourne réellement une page dans l’Histoire de France, elle est beaucoup plus qu’une révolution politique : le fondement du pouvoir lui-même s’est vu réformé. On a, à cette époque, une conception toute nouvelle de la société. En effet, alors que l’ordre socialreposait sur le Clergé, la Noblesse et le Tiers-Etat, on observe désormais le caractère contractuel de la société basée essentiellement sur l’individu. Le pouvoir passe concrètement du roi au peuple : les individus sont alors des sujets de droit.
Cependant, dans un climat de méfiance vis-à-vis des regroupements professionnels, la loi Le Chapelier est votée le 14 Juin 1791. Cette loi, restée fameusedans l’histoire du monde ouvrier interdit la grève ainsi que toutes les associations patronales et syndicales, en d’autres termes les syndicats. Le monde ouvrier se retrouve alors dans l’incapacité de s’organiser pour la défense de ses droits : la société est touchée de plein fouet par l’indigence ainsi que ce phénomène nouveau qu’est le paupérisme. L’ébranlement des sphères de la société etl’émergence de l’individualisme qui ont accompagné la Révolution Française ont ainsi conduit à la disparition d’un lien social. En effet, au début du XIXe siècle, on ne sait pas ce qui fonde le lien social! Comment une telle société, structurellement divisée peut-elle maintenir la cohésion sociale?
À la suite de la Révolution Française, les revendications sont alors très lourdes : la démocratie en est aucœur (rappelons que le droit de vote n’est pas encore instauré), et les grandes valeurs républicaines qui sont Liberté, Égalité et Fraternité sont espérées plus que jamais dans cette société où lien social, et morale semblent inexistants. Les libéraux amèneront rapidement une réponse à ces désirs de société démocratique : leur théorie du « tout économique » vise alors à résoudre un problèmepolitique : Comment réguler une société quand celle-ci ne possède plus de fondement social ?

B) La réponse mal adaptée des libéraux : la démocratie libérale.
L’apparition du modèle de démocratie libérale est, de fait, la suite de la montée de l’individualisme. « La conséquence de cette représentation de la société comme marché réside dans le fait qu’elle se traduit par un refus global du...
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