Sociologie urbaine

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  • Publié le : 15 juin 2010
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es études de Robert E. Park, et des sociologues qui se réclament de l'école sociologique de Chicago sont le plus souvent parties de l'observation d'agrégats de populations déracinées, souvent des migrants et des asociaux, qui ne parviennent pas à faire société (ce n'est pas le cas de sociologues comme Norbert Elias ou Richard Senett qu'on rattache souvent à cette école). La sociologie est penséepar les premiers comme une branche de l'écologie: la ville est un milieu naturel plutôt inhospitalier où les activités humaines sont étudiées comme des comportements rationnels d'individus, avec les finalités utilitaires qu'imposent les contingences de la survie et de l'ambition. Leurs méthodes, qui consistent à naturaliser la société urbaine et à l'envisager comme un système de luttes derivalités et d'interactions entre des individus à l'intérieur de groupes informels, ne sont d'aucune utilité pour connaître la morphologie sociale d'une société typée et constituée, c'est-à-dire complète, organisée et viable. Pour les seconds, la dimension culturelle et institutionnelles sont fondamentales.

Les études urbaines (Urban Studies en anglais) bien conduites concentrent leurs analyses desformes sociales sur la distribution des classes sociales, des groupes sociaux et des différentes ethnies au sein des espaces urbains et ruraux, en accordant une attention particulière aux coutumes, aux habitudes, aux faits culturels; Rapportées au territoire où se déploie toute société, elles mettent en évidence :

* soit une spatialisation de la segmentation sociale dans lesquelles lesdifférentes catégories de population et d'activités correspondent à des types particuliers de quartiers (quartier universitaire, quartier des théâtres, quartiers commerçant, quartier d'artisans, etc.. dans chacun desquels il y a des manoeuvres et des directeurs, des riches et des pauvres),
* soit au contraire à une répartition spontanée purement ségrégative qui aboutir à des processus spontanés deghettoïsation positives ou négatives (gated communities), c'est-à-dire à conforter la stratification des revenus dans des quartiers-dortoirs qui regroupent les plus ou les moins favorisés de tous les secteurs d'activité.

Le refus par les planificateurs des villes nouvelles d'assumer l'existence, non seulement d'une stratification sociale, mais d'une organisation polysegmentaire des sociétés[7],qui permette de prévoir une spécialisation des quartiers pour des catégories de population clairement définies, avec les modes de vie et les possibilités d'activités professionnelles qui leur sont propres, n'a pas abouti à un décloisonnement de la société avec une facilitation des migrations sociales, mais au contraire à un renforcement de discriminations qui sont d'autant plus problématiques,qu'imprévisibles et radicales. La raison de cette impasse était de proposer, et de mettre en oeuvre un autre système de division qui ne soit plus social, mais commercial, c'est-à-dire entre entre temps de travail et temps de consommation, ensuite entre temps pour les courses et temps pour les loisirs, entre temps de séjour et temps de transport. Traduites dans l'espace, ces divisions temporellesdeviennent le principe directeur de l'urbanisme contemporain avec ses cités dortoirs et ses zones de bureaux éloignées par des moyens de transports collectifs. Ce sont des villes où il n'y a pas de place pour les activités hybrides et gratuites d'autoproduction, comme une simple promenade qui serait à la fois un déplacement utile, une occasion d'information, un loisir, une activité sportive, un jeu,une occasion d'observer et de se montrer.

Une étude de morphologie sociale préalable à une étude de projet architectural ou urbain ( Urban Planing en anglais) doit reconstituer le tableau complet de la polysegmentation sociale, donner ensuite les proportions idéales entre les parties, puis leurs dispositions spatiales respectives en précisant les proximités, les hiérarchies, les points de...
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