Socrate

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  • Publié le : 22 juin 2010
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Apologie de Socrate | |
|« Je ne sais, Athéniens, quelle impression a faite sur vous le discours de mes accusateurs. Pour moi, j'avoue que je me suis presque méconnu moi-même, |
|tant ils ont parlé d'une manière persuasive; cependant, je puis l'assurer, ils n'ont pas dit un seul mot qui soit véritable. |
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|Mais, de toutes leurs calomnies, celle qui m'a le plus surpris, c'est lorsqu'ils vous ont avertis de vous bien tenir sur vos gardes, pour n'être pas |
|séduits par mon éloquence. Car de n'avoir pas craint la honte du démenti que je vais leur donner tout à heure, en faisant voir que je ne suis pointdu |
|tout éloquent, voilà le comble de l'impudence, à moins qu'ils n'appellent éloquent celui qui dit la vérité. Si c'est là ce qu'ils prétendent, j'avoue |
|que je suis un très-grand orateur, mais non pas à leur manière; car, encore une fois, ils n'ont pas dit un seul mot de vrai; et vous allez apprendre de |
|moi la vérité toute pure, Athéniens, non point, par Jupiter, dans un discoursorné de sentences brillantes et de termes choisis, comme sont les discours|
|de mes accusateurs, mais dans un langage simple et spontané; car j'ai cette confiance que je dis la vérité, et aucun de vous ne doit s'attendre à autre |
|chose de moi. Il ne serait pas convenable à mon âge de venir devant vous, Athéniens, comme un jeune homme qui aurait préparé un discours. |
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|C'est pourquoi la seule grâce que je vous demande, c'est, Athéniens, lorsque dans ma défense j'emploierai les termes et les manières les plus ordinaires|
|dont j'ai accoutumé de me servir, toutes les fois que je m'entretiens avec vous, sur la placepublique, dans les banques, et tous les autres lieux où |
|vous m'avez souvent rencontré, de n'en pas être surpris, et de ne pas vous emporter contre moi; car c'est aujourd'hui la première fois de ma vie que je |
|parais devant un tribunal, quoique j'aie plus de soixante-dix ans. |
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|Je suis donc tout à fait étranger au langage qu'on parle ici. Et comme, si j'étais réellement un étranger, vous me pardonneriez de vous parler à la |
|manière et dans la langue de mon pays, je vous conjure aussi, et je crois ma demande juste, de ne pas prendre garde à mafaçon de parler, bonne ou |
|mauvaise, et de regarder seulement, avec toute l'attention possible, si je vous dis des choses justes ou non; car c'est en cela que consiste toute la |
|vertu du juge, comme celle de l'orateur est de ne dire que la vérité. |
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|Il est juste que je commence par répondre à mes premiers accusateurs, et par réfuter les premières accusations, avant d'en venir aux dernières qu'on a |
|élevées contre moi. Car j'ai bien des accusateurs auprès de vous, depuis bien des années, et qui n'ont rien avancé qui ne soit faux. Je crainsbien plus|
|ceux-là qu'Anytus et ses complices1, quoique ces derniers soient fort éloquents; mais les autres sont beaucoup plus redoutables, en ce que, vous |
|entourant pour la plupart dès votre enfance, ils vous ont donné de moi une fausse opinion, et vous ont dit qu'il y a un certain Socrate, homme savant, |
|qui recherche ce qui se passe dans les cieux et dans le sein de la...
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