Socrates

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  • Publié le : 26 avril 2013
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Socrate « Nul n'est méchant volontairement »
    Pour Socrate « le bien est la source de toutes nos actions ». Celui qui fait le mal se trompe car il le considère, en son for intérieur, comme un bien. La faute est donc une erreur et l'erreur un manque de connaissance.                                                              
  Le sens commun distingue la faute de l'erreur. Un médecinconsciencieux qui tue son malade par une prescription inadaptée, n'est pas coupable, à l'inverse d'un empoisonneur ayant programmé la mort de sa victime. C'est ce choix délibéré d'une fin mauvaise qui constitue la faute. Elle constitue la catégorie essentielle de la pensée morale.
   Mais cette distinction entre la faute et l'erreur est moins claire qu'il n'apparaît à première vue. Ainsi, Socrate soutientque la faute se réduit à une erreur, que nul n'est méchant volontairement car « le bien est la source de toutes nos actions ». [1]
  L’universalité du jugement de valeur
  Considérons d'abord cette notion de bien. À première vue, elle peut sembler un concept un peu vague dont il est difficile de déterminer la compréhension et l’extension. D'une part, en effet, le bien est indéfinissable. Etd'autre part, des choses différentes, et parfois même opposées, sont jugées bonnes selon les époques, les lieux, les individus. On pourrait prendre prétexte de ces incertitudes pour reléguer l'idée de bien au rang des simples opinions indignes d'un examen sérieux. Ce serait méconnaître son caractère essentiel de principe.
  Un principe, en effet, ne se définit pas car il est ce à partir de quoi lesautres choses se définissent. Ainsi, on détermine le triangle comme une portion d'espace délimitée par trois droites ; mais l'espace qui sert à définir n'est pas lui-même défini. Il est pourtant l'objet d'une intuition évidente.[2] Il en est de même pour le bien. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer l'usage que chacun fait du concept de meilleur. Tout le monde s'y réfère constamment, dans lelangage ou l'action, et sa signification est évidente pour tous : il n'est pas besoin d'avoir approfondi la philosophie pour comprendre, par exemple, que la santé est meilleure que la maladie. L’idée de meilleur est une structure  de la pensée. Or elle implique nécessairement une référence au bien. Cette notion est donc une catégorie de l'esprit, comme, par exemple, l'idée de cause. Et de même quetout homme se fonde sur l'idée de cause lorsqu'il explique, il se réfère à l'intuition du bien lorsqu'il préfère et choisit.
  Cette intuition du bien s'exprime dans des jugements à prétention objective. Soutenir qu'une chose est meilleure qu'une autre ne signifie pas qu’elle nous plaît davantage, par exemple, parce qu'elle nous procure plus de plaisir. Même  l'affirmation que le plaisir est leseul bien et la douleur le seul mal implique qu'on s'en détache pour les confronter à la norme du bien. C'est ainsi que dans le Protagoras, Socrate, bien qu'il adopte, provisoirement, la perspective hédoniste, oppose à la sensation du moment une arithmétique des plaisirs qui est une œuvre de la pensée. Ainsi, une conduite agréable sera jugée mauvaise par les douleurs qu'elle entraîne ou les plaisirsplus grands dont elle nous prive : l'intempérance et la paresse sont mauvaises car l'une est cause de maladie et l'autre de pauvreté. Mais ce sont là des inconvénients et des avantages que la pensée prévoit et qui ne sont pas sentis.
  On voit par là que l'homme qui juge du bien et du mal s'arrache à l'immédiat et pense sa vie  dans le temps. C'est ce que confirme un texte du Gorgias. [3] Celuiqui absorbe un remède désagréable ne veut pas le désagrément, mais la santé dont le remède est le moyen. De même, le commerçant qui affronte les dangers de la mer ne souhaite pas les courir mais veut la richesse, but de son négoce. Dans ces deux cas, santé et richesse sont considérées comme des biens. C'est donc en vue du bien que tout homme accomplit chaque chose, qu'elle soit intrinsèquement...
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