Soin relationel

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  • Publié le : 8 décembre 2011
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Pour mon second stage, je me trouve dans un EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) ayant une capacité de 60 lits.
L’équipe soignante se compose d’un médecin coordinateur, cinq médecins généralistes, une cadre de santé, quatre infirmiers diplômés d’état, onze aides soignantes, onze agents de services hospitalier, deux kinésithérapeutes, une animatrice, unepédicure-podologue, une infirmière hygiéniste, deux agents d'entretien, une secrétaire et une adjointe aux cadres.
Sur un plan relationnel, une situation de soins m'a interpelé : l'aide au repas de la résidente Madame V.P.
Description de la situation:
Madame V.P, est entrée en avril 2007 dans cet établissement puisque son maintien à domicile n’était plus possible en foyer-résidence. Elle a 89 ans, elleest veuve et, a un fils unique qui habite près de l’EHPAD. Madame V.P présente une maladie d’Alzheimer diagnostiquée en 2008, une désorientation temporo-spatiale associée à des troubles du comportement. Elle est parfois agressive verbalement et physiquement envers les soignants et les autres résidents mais ne montre pas de signes d’agressivité envers son fils. Elle s’oppose aux soins et refuse des’alimenter et boire. Elle bénéficie d’une aide à la prise des repas.
Lors de mon premier jour de stage, je suis allée aider cette résidente en fonction de ce que les soignants m'ont indiqué: ils placent Madame V.P dans la salle commune, dans un fauteuil avec une ceinture afin d’éviter les risques de chutes étant donné qu’elle s’agite beaucoup, donne des coups de pieds et bouge. De plus, ilsm’ont conseillé de ne pas me mettre devant elle lors du soin parce qu’à tout moment, elle peut rejeter son repas en ma direction mais aussi afin d’éviter ses coups. Je me suis donc mise à côté d’elle, debout, son assiette à la main et j’ai essayé de l’aider à manger. J’ai remarqué qu’elle ouvrait peu la bouche, fixait comme un point sur le mur d’en face et dès qu’elle le décidait, rejetait son repas. Jeme demandais donc tous les jours si je le faisais mal, si j’étais brusque, si elle avait vraiment faim, si elle n’aimait pas les aliments… ; les soignants me disaient de ne pas m’inquiéter, qu’elle faisait cela souvent et ils m’ont montré comment ils faisaient : ils l’a grondaient et lui mettait la cuillère dans la bouche.
Cette façon de faire m’a énormément choqué et le lendemain, je suisretournée aider cette patiente en essayant d'avoir une approche moins brusque. Je lui ai énoncé son repas avant de commencer même si je n’avais toujours aucun retour de sa part.
Durant les autres jours, le soin pouvait durer plus de 30 minutes et l’assiette était à peine entamée mais je me suis dit que si les mots n’ont pas fait avancer les choses, peut-être que le fait de lui montrer que le repasreste une activité agréable, non brusque, elle pourrait se sentir moins agressée. J’ai donc pris une chaise, je me suis assise à côté d’elle, afin que nous soyons au même niveau dans le but d’une relation d’égal à égal et non de dominant à dominé. De ce fait, Madame V.P était moins violente envers moi, donnait moins de coup de pieds, ne rejetait plus son repas dès les premières cuillères. Peut êtrea t-elle senti que je n’étais pas là pour la brusquer mais pour l’aider et faire redevenir le repas, une activité agréable.
J’ai continué les jours suivant de cette manière, j’arrivais près d'elle dans la salle commune plus détendue, moins craintive et comme à chaque fois je lui énonçais le menu, lui demandais si ce n’était ni trop chaud ni trop froid si elle aimait, et elle parvenait à merépondre de temps à autre cependant cela restait toujours mystérieux. Effectivement, elle allait parfois me dire « non » quand je lui demandais si c’était bon, mais n'était pas réfractaire à d’autres cuillères. J’ajouterais que lorsqu’elle ne veut plus manger, ce n’est pas qu’elle rejette mais qu’elle dit « plus » pour dire qu’elle en a assez. De ce fait, je passe au plat ou au dessert ou...
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