Sonnet pour helene de ronsard

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  • Publié le : 7 décembre 2010
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Commentaire sur Sonnets pour Hélène de Ronsard

INTRODUCTION

En 1578, alors qu’il sent la vieillesse approcher, Pierre de Ronsard, « prince des poètes » au XVI° siècle marqué par la poursuite de la Renaissance en Europe, écrit les Sonnets pour Hélène. Ce recueil poétique célèbre son amour pour une jeune femme, Hélène de Surgères. Dans le 24° sonnet de la 2° partie, il lui présented’abord un tableau saisissant de la vieillesse et de la mort, avant de lui proposer un véritable Carpe Diem. Il fait prendre conscience du temps qui conduit à évoquer la vieillesse dans ce sonnet. Si elle se reconnaît dans l'image cruelle d'une jeune femme nostalgique, elle comprendra qu'il faut profiter du présent.
En quoi l’auteur interpelle-t-il le personnage éponyme de ce sonnet ? D’abord nousallons étudier la singularité de la déclaration sentimentale, puis la solennité de la poésie et enfin le lien entre le présent et le futur.

I. SINGULARITE DE LA DECLARATION SENTIMENTALE

1. Une demande peu plaisante.

Sa beauté est passée. Ce sonnet a été écrit pour Hélène, or il ne cherche pas à la célébrer mais lui renvoie plutôt une image peu flatteuse d'elle même. Sa beauté n'apparaît qu'àl'imparfait « Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle » (v.4).
Son dédain. Au moral non plus, Hélène n'est pas célébrée. Son attitude en face de Ronsard est évoquée pour être regrettée. Elle apparaît en effet dans une attitude de dédain en face de l'amour qui lui est offert « regrettant mon amour et votre fier dédain » (v.12).
Sa vieillesse, non sans une certaine cruauté, Ronsard préfèreenvisager l'heure des souvenirs mélancoliques. A deux reprises, il se plaît à faire envisager à Hélène sa vieillesse : « Quand vous serez bien vieille » (v.1), « vous serez au foyer une vieille accroupie » (v.11).

2. La méticulosité du crade spatio-temporel

Au vers 1, les circonstances : "au soir", "à la chandelle", qui permettent d'imaginer la scène ne manquent pas de douceur. En effet,l'heure choisie s'accorde avec l'âge et la chandelle (éclairage réservé aux riches du XVIème siècle) rappellent discrètement l'aisance matérielle d'Hélène.
L'évolution vers la familiarité : L'adjectif vieille n'était au vers 1 qu'un attribut d'Hélène et non sa caractéristique essentielle. Au vers 11, Ronsard y substitue le substantif "une vieille" signifiant qu'Hélène n'a plus d'autre qualité quela vieillesse.
Au même vers 11 s'achève le tableau avant l'apostrophe finale : « Vous serez au foyer une vieille accroupie ». Le participe passé "accroupie" apparaît brutal. Il est resté en quelque sorte l'écho réaliste du participe "assise" du vers 2. Ce qui confirme cette idée, c'est que le groupe de mots "au foyer" reprend l'expression "auprès du feu".
Ronsard est donc devenu plus cynique. Deplus, la douceur du rythme initial bien cadencé « Quand vous serez bien vieille / au soir, à la chandelle » a disparu au vers 11, alexandrin d'une seule traite.
La solitude d'Hélène : En outre, la vieillesse d'Hélène ne se trouve nullement douce : Sa vie parait au contraire particulièrement monotone. D'abord parce que Ronsard a l'habileté de la présenter seule et non entourée d'enfants ou petitsenfants. La seule présence que l'on perçoive autour d'elle est celle des domestiques.
La monotonie de sa vie : En outre, la vie d'Hélène semble bien monotone. Le rythme des vers 2-3 coupés à l'hémistiche donne l'impression d'une vie trop bien réglée qui ne manque pas de susciter le regret du passé.

3. L’amertume, le regret, la nostalgie du narrateur

Les formes du regret. Le participe"regrettant" au vers 12 a un double sens : Il signifie à la fois éprouvant de la nostalgie à l'égard de mon amour pour vous et regrettant de ne pas y avoir répondu. Ce regret, Ronsard se plait à le faire durer en employant les participes présents chantant et vous émerveillant. Transférés à la servante, les participes présents du second quatrain jouent le même rôle nostalgique : « Qui au bruit de mon...
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