Spinoza

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  • Publié le : 21 février 2010
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Troisième paragraphe : Deuxième exemple (la pierre ce que la liberté n’est pas : Spinoza propose un exemple simple : une pierre qu’on lance. Cette pierre reçoit une impulsion, et lorsque la main lâche la pierre, elle continue d’avancer (principe d’inertie). Le fait d’avancer est-il un acte libre ? Réponse dans la troisième phrase : « cette permanence de la pierre dans son mouvement est unecontrainte ». Mais pourquoi n’est-ce pas un acte libre ? Ce n’est pas parce que la pierre ne pense pas, ou qu’elle n’a pas de volonté. C’est simplement parce que ce qui détermine ce mouvement est une cause extérieure : « parce qu’elle doit être définie par l’impulsion des causes externes ». Si la cause du mouvement était interne, ce serait un acte libre. Si la cause du mouvement est externe, il estcontraint. Nécessité interne ou nécessité externe ? telle est la question. La liberté ne consiste donc pas dans un libre choix, une libre décision, un « libre décret » (décret = décision), puisque tout choix, toute décision se fait d’après certaines raisons ou d’après certaines causes. La liberté ne consiste pas à suspendre la relation cause-effet (dans ce cas, rien ne se produirait, l’homme nepourrait pas faire un seul geste), pas plus que la liberté n’est le contraire de la nécessité : elle est en fait une « libre nécessité », c’est-à-dire une nécessité interne. On comprend alors qu’une nécessité non-libre serait une nécessité externe. Enfin, Spinoza explique le sens de cet exemple : « ce qui est vrai de la pierre, l’est aussi de tout objet singulier quelle qu’en soit la complexité ».Autrement dit : ce qui est vrai de la pierre est vrai de l’homme. Pas de différence fondamentale entre l’homme et la pierre, c’est la même chose, en un peu plus compliqué, c’est tout. Mais le fait d’être doué de conscience ou de volonté ne change rien à la question : la liberté est une « libre nécessité », elle ne consiste pas à échapper à la nécessité.
[D] Quatrième paragraphe : D’où viennent alorsles fausses conceptions que se font les hommes ? On complique l’exemple de la pierre (hypothèse dans l’hypothèse). Il s’agit bien d’une fiction : « si la pierre, tout d’un coup était doué de conscience… », Spinoza n’affirme pas que c’est le cas. Cette hypothèse est là pour assurer le passage à la liberté humaine. La situation est la suivante : la pierre a été lancée, elle a quitté la main, ellecontinue d’avancer (principe d’inertie). Et ce n’est que à ce moment-là qu’elle se « réveille », qu’elle est douée de conscience. Le mouvement est donc passé « en elle », comme une boule de billard percutée par une autre, lui emprunte son mouvement. Si cette pierre est tout d’un coup douée de conscience, que peut-elle percevoir ? Elle va se rendre compte qu’elle avance (elle découvre qu’« elle faittout l’effort possible pour continuer de se mouvoir »), c’est-à-dire qu’elle sent en elle le désir, la volonté d’avancer et en même temps qu’elle avance. Elle est déterminée à la fois à avancer et à vouloir avancer. Elle va forcément croire qu’elle est la seule cause de son mouvement, et qu’elle avance uniquement parce qu’elle le veut. La vraie cause du mouvement (la main qui l’a lancée) estmaintenant loin derrière elle, cachée à sa vue. De même, lorsque l’homme est déterminé à faire quelque chose, il est en même temps déterminé à désirer le faire et pense être libre là où il est le plus esclave.[2]
[E] Cinquième paragraphe : Le libre-arbitre est un préjugé. Première phrase : Spinoza montre lui-même quel est le sens de ce parallèle entre la pierre et l’homme. Alors que, en général,les hommes pensent être libres parce qu’ils ont la conscience qui leur donne une liberté de choix (= libre-arbitre), en fait, il n’empêche qu’ils sont déterminés dans tout ce qu’ils font comme n’importe quel phénomène naturel. Même leurs choix sont déterminés par des causes antérieures. Au lieu que la conscience et la liberté soient le privilège de l’homme, c’est tout l’inverse qui se passe : les...
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