Spinoza

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  • Publié le : 9 octobre 2010
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Ce texte répond négativement à la question : « Qu'est ce qu'être libre ? ». De ce fait, l’auteur défend ici qu’être libre n'est pas être soumis à ses désirs mais vivre selon les lois de la raison. De plus, tout au long du texte, Spinoza tente de montrer que la vraie vertu et l'authentique liberté reposent sur la puissance et la force de notre âme. Elles ne consistent nullement à se soumettre àune loi divine contrariant notre nature.
Le problème posé par ces lignes est le suivant : accède-t-on au salut par la simple obéissance fondée sur la crainte ou bien par la connaissance vraie qui est puissance ? Ce texte se divise en trois parties. Dans la première «La plupart [...] loi divine.» de la ligne 1 à la ligne 3, Spinoza explique la conception du vulgaire en ce qui concerne la liberté etsa relation au commandement divin. Dans la seconde partie «La moralité donc [...] eux-mêmes.», de la ligne 3 à la ligne 13, le philosophe développe les conséquences de cette fausse conception en ce qui concerne la moralité et la religion. Et enfin, dans la troisième partie «Ce qui [...] relevée.», de la ligne 14 à la fin, Spinoza souligne l'absurdité de la vision du vulgaire. Tout le raisonnementde l’auteur progresse vers la démonstration de l'irrationalité de la conception de la plupart des hommes.

I/ Première partie. « La plupart [...] loi divine ».

Dans ces premières lignes, Spinoza réfléchit sur une croyance du vulgaire (« la plupart ») concernant la liberté humaine conçue non point comme obéissance rationnelle mais comme libre arbitre. Le vulgaire identifie volontiers celibre arbitre au fait d'acquérir et de se soumettre à ses « penchants » c'est-à-dire aux appétits sensuels, aux modifications corporelles liées aux désirs. Les hommes paraissent donc considérer comme vraisemblable ou probable (« semblent croire ») d'une part, que le libre arbitre désigne cette obéissance pleine et entière aux désirs sensuels et sensibles et d'autre part, qu'un abandon de cetteliberté est possible et souhaitable, dans la mesure où s'effectue un renoncement. Les hommes sont, en effet, tenus, c'est-à-dire obligés et contraints, de prendre en compte « la prescription de la loi divine », formulée par le commandement de Dieu. Cette loi en question vient de la loi de ce Dieu qui constitue la totalité du réel (le Dieu de Spinoza), mais également de la loi émanant de la religions'appuyant sur la crainte et l'espoir. La signification de la loi divine dont nous parle ici Spinoza est donc dépourvue d'ambiguïté dans le contexte. Se sentant contraints d'obéir au commandement divin, les hommes échangent ce qu'ils pensent être le libre arbitre contre une acceptation de la loi prescrite par Dieu. Bien entendu, l'expression « semblent croire » nous montre qu'il s'agit ici d'uneerreur et d'une illusion humaine.

II/ Seconde partie. « La moralité [...] eux-mêmes ».

1. « La moralité [...] impuissante ».

Le vulgaire, loin d'envisager la moralité comme une sagesse, (qui désigne le caractère des personnes ou des actes considérés par rapport à l'idéal du bien), sous son aspect véritable, fait, à propos d'elle, la même erreur qu'en ce qui concerne lareligion. Le terme qui nous indique qu'il s'agit bel et bien d'une fausse croyance est le verbe « prendre pour » qui signifie croire qu'un choix est autre. Une confusion est donc faite dans le domaine de la moralité et dans celui de la religion qui, elle aussi, peut désigner deux ordres de réalités, soit la connaissance du vrai Dieu, soit la fausse religion comme culte dégénéré. Loin, en effet, d'allerà la vraie moralité et à la vraie religion, les hommes, pour la plupart, font un grave contresens. Ils s'imaginent que moralité et religion, tout ce qui se rapporte à notre force d'âme, est, en réalité, un fardeau qu'il faut supporter pour obéir à la divinité, de manière à recevoir, après la mort, la récompense, le « prix »de la servitude, c'est-à-dire de l'impuissance à se gouverner soi-même....
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